L'Elan Historique...

...Ce mois çi, Gérard Bouscarel nous parle de Mike Jones...

Mike
JONES

Né le 10 février 1967 à Colombus (Géorgie)
Auburn Univeristy 1988 - Drafté 3 ème tour par Milwaukee.

Poste : Ailier
Saisons au club :
3
Nationalité: US
Taille :
2m01

Arrivée à l'Elan : 1990
Dernière saison :
1994-95



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PALMARES:

Champion en Grèce avec l'Aris, il l'est également avec l'Elan. Meilleur marqueur du championnat de France avec Cholet (24,2pts) , il sera la même année All Star.

- Champion de France 1992
- Vainqueur du Tournoi des As 1992

- 1988-89 débute la saison en USBL avant de signer au PAOK et d'être élu en fin de sasion meilleur jouer du championnat grec.
- Il jouera ensuite à l'ARIS (89-90) puis à l'Elan (90-92), puis Barcelone (92-93), puis Cholet (93-94) avant de revenir à l'Elan (94-95).
Passe ensuite à Holon (Israel) puis Mar del Plata (Argentine) et enfin Limassol (Chypre).


BIO

 

MIKE JONES, UN PUR TALENT

C'est sûr, on ne compare ni les époques ni les postes de jeu . Alors, affirmer que Mike Jones fut de tous les étrangers de l'Elan le plus talentueux consiste à prendre un risque, inutile, voire stupide au demeurant. Reste que cet ailier au très lointain rapport avec l'archétype de l'athlète était, une grosse balle orange entre les mains, un véritable joyau. Ses deux saisons pleines en Béarn (90-92) en font foi.

Ce matin là, sous les poutres d'une Moutète toujours plus réfrigérante qu'accueillante à la fraîche, les joueurs, en rang serrés sur le banc du fond, attendaient sagement l'arrivée du nouveau : un américain au patronyme d'un commun à faire frémir...Jones, pensez donc, le Dupont " made in " outre atlantique…
Mike Jones, s'avança, la dégaine négligée, la démarche cahotique, la genouillère solidement vérouillée, l'oeil mal ouvert mais la certitude chevillée au corps. C'est Orlando Philipps, déjà en place, qui le premier sursauta d'étonnement: "Ca le nouveau joueur?" interrogea-t-il un tantinet narquois... Le nouveau joueur en question effectua deux trois pas de plus, et balança négligement, non loin du centre du terrain, un tir arc en ciel, qui fila droit, percer le panier... Il s'en revint vers le banc serrer les mains de ceux auxquels il allait être officiellement présenté...Un ange soudain traversa la salle...
Mike Jones força-t-il jamais davantage quoi que ce soit? On en doute, tant il gérait son quotidien avec une nonchalance non feinte, une désinvolture qu'il puisait dans une confiance inouïe en ses valeurs. Rien ne semblait avoir de prise sur ces certitudes, le bougre était indéstructible et ne douta jamais de ce qu'il cultivait le mieux : son talent.
Ce talent que le staff de l'Elan vérifia de visu, le 19 avril 90 lors d'un voyage à Saragosse où sous les couleurs de l'Aris Salonique, il disputait le final four de la coupe des clubs champions. Pour la troisième fois en trois confrontations cette saison là, il fut le bourreau de Limoges. Et boucla l'exercice européen à 23 points de moyenne. L'ancien étudiant d'Auburn, confirmait ainsi son titre de meilleur joueur du championnat grec obtenu l'année précédente sous les couleurs du PAOK, où il débuta sa carrière européenne. Cette saison là, les " noirs " du PAOK ayant mis fin lors du sulfureux derby à quatre ans d'invincibilité des " jaunes " de l'Aris dans leur antre, Mike Jones fut fêté en héros et ne tarda pas à rejoindre les dieux locaux de l'époque Gallis et Yannakis, c'est à dire qu'il traversa la rue pour seulement changer de casaque…


Les Duels avec le CSP lors du titre 1992...
A gauche : Brooks, D. Gadou, R. Dacoury et V. Demory. A droite : O. Philips, M. Brooks et R. Dacoury.

 

Il effectua, avec ses nouvelles couleurs, on l'a dit, une saison monstrueuse qui aurait pu le conduire sur les chemins de l'Olympe. En lieu de quoi, il vécut l'enfer au retour de Saragosse.
Accusé de tous les maux, il vit un beau matin la police locale débarquer chez lui pour lui chercher mille misères. Au pays des Hellènes, l'histoire tourna court, notre homme était dans le premier avion quitant le territoire, direction les Etas-Unis, via Paris où une longue escale l'attendait. Mike Jones sut sans doute à cet instant qu'il ne reverrait plus jamais le soleil de Salonique, ce qui entre parenthèse l'obligera à rester sagement en Béarn le jour où l'Elan s'en alla jouer contre le Panionios d'Athènes. Un Béarn dont il entendit parler à Paris où Pierre Seillant, averti à la hâte, s'était rendu sachant que l'ailier d'Auburn y faisait halte… L'histoire ne dit pas par quel miracle, l'information avait atterri jusqu'à la rue du Général Foy à Orthez, siège du bureau présidentiel… Mais elle y était parvenue et c'est donc sur un comptoir d'aéroport parisien que se ficela la venue de Jones à l'Elan.


Mike et T. Gadou


Mike à la Moutète...

Deux ans plus tard, le palmarès de l'Elan avait grossi de trois titres, les deux tournois des As de Paris et Dijon (1991 et 1992) et le titre national de 1992 à Pau. Il s'en fallut d'un panier alléluia du slovène Hauptman à 7 secondes de la fin du match contre Ljubljana pour que s'ajoute une demi-finale de la coupe des Coupes 92, la fameuse année où le destin plaça sur la route de l'Elan un certain Muresan. C'est d'ailleurs à Cluj face au géant roumain en tour préliminaire que Mike Jones se livra à un de ces numéros d'équilibriste dont il avait le secret. Alors que la présence dissuasive de Gidza avait aseptisé l'attaque de l'Elan au point de voir les Roumains prendre 14 longueurs d'avance, la seconde mi-temps fut celle de Jones qui assura le spectacle et le score compilant 35 points. Il faut dire que ce soir là, trois béarnais Jones donc, Phillipps et Didier Gadou se taillèrent la part du lion en totalisant 92 des 107 points de l'Elan…
Homme de carton Mike Jones ? D'autres exemples : 43 points à Galil-Elyon, 38 face au Réal, 41 et 42 pour une moyenne nationale de 24 et des poussières en 39 matches. Car le paradoxe voulut que Mike Jones ou pas, l'Elan ne franchisse pas le tour élimlinatoire de la coupe Korac face à Ostende…. Comme quoi une hirondelle ne fera jamais le printemps, aussi printanière soit-elle… La seconde année de Jones à l'Elan fut encore plus épanouie avec le doublé, et puis cette formidable campagne européenne trop longue de sept secondes seulement à Gorizia. Elle lui offrit de larges perspectives et c'est au FC Barcelone qu'il accorda ses faveurs, disputant la finale de liga ACB que les Catalans perdirent sans bavures tant le Sabonis (Réal) de l'époque écrasa un Audie Norris en petite forme.
C'est en France que Jones revint chercher la gloire mais il ne se contentera plus que d'une distinction individuelle, celle de meilleur marqueur du championnat sous les couleurs de Cholet.


Howard et Mike.

Et son come back palois en 94 ne sera qu'une suite de malheurs avec cette rupture du tendon d'achille lors de la préparation d'Aout (à Vieux Boucau contre Vitoria) suivie d'un gros pépin à la cheville quatre matches après sa réapparition en fin de saison. Malheureux en finale du championnat contre Antibes sans Jones, l'Elan fut encore malheureux contre Limoges en finale de la coupe avec Jones.
La suite n'apporta rien de plus à cet ailier dont le physique n'était pas le moindre des atouts. Et à cet égard il faut bien admettre que Mike Jones ne se soucia pas souvent de préserver sa santé. C'est d'ailleurs pour n'avoir jamais consenti les sacrifices nécessaires qu'il ne fit pas plus brillant chemin, certains n'hésitant point à penser qu'il avait quelque peu gâché les dons de la nature. Les genoux chaque saison plus meurtris, il sacrifia néanmoins à la soif du jeu qu'il transpirait de tous ses pores. Israel, Argentine, Chypre furent ses derniers havres sportifs jusqu'à la saison dernière. Il a tiré sa révérence sur un titre national Chypriote….. Aujourd'hui il joue sur une patte pour le seul plaisir. Ce plaisir qui a guidé toute sa carrière, mais qu'il étendit à toute sa vie….


La contre-attaque est lancée...


Page créée le15/09/2001 (G. Bouscarel et C. Gout).