L'Elan Historique...

...Ce mois ci, Gérard Bouscarel nous parle d'Howard Carter...

Howard
CARTER

Né le 26 octobre 1961 à Baton-Rouge (Louisiane)
Deux enfants : Kerwin et Kimberley.

Poste : Arrière
Saisons au club :
8
Nationalité: US & Française
Taille :
1m94

Arrivée à l'Elan : 21/11/1985
Dernière saison :
1994/95
Points marqués : 5958 (3ème)
Matches joués :
334
International A



Récompensé par la LNB pour son adresse...

PALMARES:

- Champion de France 1986, 1987, 1992
- Vainqueur du Tournoi des As 1992

- Membre de l’équipe des USA Universitaires en 83.. dispute les championnats du monde de Bucarest.
-
Elu dans le " Converse All Americian Team " en 83

Carrière NBA:
- Drafté 1er tour (15ème) par Denver.
-
84-85 : 55 matches NBA a Denver.
-
85-86 : 22 matches NBA a Dallas.

Carrière en France:
Blessé en Septembre 89 (rupture du tendon d’achille), il est écarté des terrains toute la saison. En 90-91 il fait l’objet d’un prêt à Chalons Champagne qui , avec lui , montera de Pro B en Pro A.

International tricolore en 1994 (pour le tournoi Buckler).

 


BIO

HOWARD CARTER, QUELLE PREMIERE

Que l'histoire se soit très mal terminée, et que la maladie ait empoisonné l'existence d'Howard Carter au point de le condamner à subir les affres de la justice ne change rien à l'affaire. Encore moins au respect que l'on doit à l'ensemble de son oeuvre et à ses huit saisons passées sous lemaillot de l'Elan. L'enfant de Bâton Rouge, débarqué en Béarn au petit matin frileux du 21 novembre 1985, était un surdoué de la balle orange, un athlète au shoot aussi soyeux que sa démarche chaloupée.
Ausi prolixe derrière la ligne à trois points qu'il était avare de paroles. Peut-être même aurait-il connu une autre fin de carrière pour peu qu'il ait eu la force de libérer sa conscience de ce terrible poids dont il souffrait.

L'époque était celle de la fidélité aux couleurs. A l'aube de la saison 85-86, l'Elan est reparti avec la majorité de ceux qui sont entrés dans la légende deux saisons plus tôt, en enlevant la coupe Korac. Ils sont huit encore à figurer dans le roster, les héros de Coubertin, huit à affirmer que les vieilles gardes ne se rendent jamais. Hufnagel, Bisseni, Henderson sont les gardiens du temple, Ortéga et Kaba prennent de la bouteille, les Gadou sont déjà deux , Didier -of course- et Alain, Pascal Laperche par contre reste seul après le départ de l'aîné Philippe. Enfin Fisher, le coach, compile les saisons avec le même bonheur que son prédécesseur Luent... Et pourtant cette saison là, empreinte, plus que toute autre à la nouveauté. Philosophique. Ainsi, Pierre Seillant confie-t-il à Freddy Hufnagel,les clés de la maison, le considérant désormais d'une maturité suffisante à driver un collectif qui jouera grand et puissant. L'Elan, chantre du basket reposant sur ses tractions arrières, comme il est devenu cette saison 2000/2001 le symbole de la carte jeune, rompt avec son passé. Les Larrouquis-Perpère, Larrouquis-Hufnagel, Hufnagel-Mc Cullough sont admis au livre d'or du club et Freddy le lot et Garonnais devient Freddy premier seul maître à bord....

Le premier changement
A cette frange fidèle, a été ajoutée une paire américaine nouvelle puisque Paul Henderson est désormais bien "frenchie" et que le maintien deJohn Mc Cullough ne se justifie plus du fait de la promotion de Freddy Hufnagel.Kirk Richards et Harvey Knuckles, sont les élus, tous deux ont déjà évolué en Europe…Voilà, l'Elan de 85-86 est une nouveauté sans l'être. Le cru ne va pourtant pas passer le cap des vendanges tardives, Apprenant à Munich, où il participe au tirage au sort des coupes d'Europe, que son équipe a quitté le plancher de la Moutète sous les quolibets d'un public vivant mal l'échec contre Monaco, Pierre Seillant sait que l'heure est venue de rentrer sous sa tente, de s'y isoler pour n'en ressortir qu'une fois la décision prise. " C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase " commente le prési à sa descente d'avion. Un vase qui s'était effectivement rempli de 5 défaites en 12 rencontres. Au sortir de sa tente, Pierre Seillant a tranché come prévu, et c'est une première qu'il a décidé : le changement d'un joueur étranger , le premier dans l'histoire d'un club réputé pour faire durer tous ses cadres. La preuve Harvey Knuckles, ailier longiligne dont la réputation reposait sur la fiabilité du shoot lointain, n'est que le numéro 15 dans l'ordre chronologique des débarquements US sur la Place d'armes d'Orthez depuis 1972…


Howard à la mène contre Limoges en finale pour le sacre de 1987...

La griffe Carter…
Sur les conseils d'un vieux pote qui a coaché le jeune homme, George Fisher accorde donc sa préférence à Howard Carter, celui-là même qu'il acceuille le matin du 21 novembre 85 à l'aéroport de Pau. Et qu'il ne conduira à Orthez qu'après une halte pour l'achat d'une paire de gants, tant le jeune homme de 24 ans souffre d'avantage du décalalge climatique que du décalage horaire… Howard Carter découvre la Moutète à peu près en même temps que Freddy Hufnagel apprend son arrivée. Le meneur béarnais ,qui est aussi celui de l'équipe de France, est en effet à Equeurdreville où l'équipe de France s'apprête à rencontrer la Grèce dans un match homérique, puisqu'interminable… "J'en déduis qu'on n'avait pas confiance en moi", cingle Freddy. "Freddy était obligé d'en faire trop, avec l'arrivée de Carter il va pouvoir se réaliser pleinement " tempère le président. La morale de l'histoire, c'est que tout le monde, Freddy , le prési, l'Elan va y trouver son compte, l'histoire se terminant au mois de mai par un titre , le premier, de champion de France, et l'avènement de Freddy au plus haut niveau européen avec l'apogée madrilène, on veut parler de ce succès dans l'antre du Réal, avec les neuf triplés du meneur français….
C'est dire que la griffe Howard Carter a permis de rattraper le temps perdu. A la fin de la saison régulière, l'Elan est passé d'une série de 7 victoires 5 défaites à 9 succès pour 1 revers ! Il est revenu de la quatrième place à la seconde ! Il démarre ensuite le play-off à huit par un échec avant d'aligner une série de 9 matches sans accroc : la première couronne est au bout…… Howard Carter a bouclé son premier exercice béarnais à 23 points de moyenne et signe un long bail avec l'Elan.

 


Gauche : Face à Fred. Forte et le CSP en finale... Droite : Récompensé avec P. Seillant lors du tournoi de Brest...


Elan-CSP... Face à Jim Bilba...

UN PRO, UN VRAI
Etonnante la métamorphose de l'Elan de l'avant et de l'après " HC"? Oui mais à l'image de la dimension de ce second arrière accusant 194 centimètres sous la toise pour 100 kilos admirablement répartis. Car le 17ème joueur étranger de l'Elan est aussi et de loin, de très loin, celui dont le CV est le plus fourni. C'est simple, il est le premier vrai label NBA authentique que l'Elan s'est offert. Avant lui, peu avant, John Mc Cullough affichait bien une apparition dans les rangs pros, mais ses huit sorties sous le maillot de Phoenix ne sont qu'une aimable plaisanterie comparé au séjour de Carter au plus haut niveau. Il a d'abord compilé une saison entière à Denver , la franchise qui l' avait drafté, c'est à dire élu, au sortir de son cursus universitaire en 83. Puis une demi , tout de suite après, avec Dallas. Pour un total de 77 matches NBA, ce qui à l'époque, pour l'Europe, était un véritable luxe. La draft 83 dont on fait état et qui chaque année établit la hierarchie des meilleurs universitaires l'avait en outre placée très haut puisqu'il avait été choisi en 15ème position du premier tour !

Ce qui signifie en clair qu'il était considéré comme l'un des quinze meilleurs joueurs de la NCAA, le championnat des Universitaires. Si les franchises NBA avaient ainsi posé un œil interessé sur l'étudiant de Louisiane, c'est qu'il avait réalisé une dernière année sénior époustouflante, ponctuée par une sélection en équipe des USA pour les championnats du monde de 1983 à Bucarest, puis par une élection dans le "Converse All American team" de l'année, c'est-à-dire dans le cinq idéal de la saison. Howard Carter ne mit pas longtemps à convertir en France ses talents reconnus outre Atlantique. Un premier match en demi-teinte pour ses débuts face au Stade Français (16 point à 5 sur 16) et puis la mire ne descendit plus que très rarement sous la barre des 20 points, flirtant ou dépassant les 30 unités à 4 reprises lors du play-off, le premier dans l'histoire de la compétition française.

COACH DEMAIN?
Au niveau de la performance individuelle, Howard Carter shooteur hors pair, qui ne donnait jamais l'impression de forcer le moindre geste, mais qui affichait une précision diabolique, signa sa meilleure performance lors de la campagne européenne de 86-87 ? C'était à Belgrade, face au Partizan où ses 46 points effacèrent le record, vieux de six ans, de Paul Henderson (45 points contre le Dynamo de Moscou). Sa capacité à aligner d'incroyables séries de paniers , sa régularité de métronome, allait d'ailleurs lui ouvrir les portes de l'histoire du club, puisqu'en 8 saisons sous le maillot de l'Elan, il en devenait le troisième scoreur absolu, tout juste dépassé par Didier Gadou cette année, alignant 5958 points en l'espace de 334 matches officiels. Huit saisons qui auraient du être dix si une rupture du tendon d'achille, lors de la préparation de la saison 89-90, ne l'avait pas écarté des planchers toute une saison, avant qu'il n'aille à Chalons Champagne ,en Pro B, passer la suivante à faire la preuve qu'il avait recouvrer son meilleur niveau. Chalons qui n'allait jamais oublier la saison de rêve qu'elle vécut avec Maitre Howard, accédant pour la première fois de son existence en Pro A et autorisée de ce fait à recevoir Howard revenu à l'Elan. Il revint effectivement, en tant que joueur français, puisque marié, pour 4 saisons supplémentaires qui lui permirent d'ajouter un troisième titre national à sa collection, celui de 92.

Du play-off suivant, il fut écarté suite à l'incident d'Antibes avec Georgy Adams. Sans doute d'ailleurs ne se remit-il jamais complètement de cette triste affaire et précipita-t-elle sa chute. En proie à d'énormes difficultés personnelles il préféra subir au point de tomber définitivement un soir de coupe de France alors que l'Elan jouait au Havre. Howard Carter quitta l'Elan par la petite porte. Il redressa la situation au point de trouver un contrat à Montpellier d'abord, puis en Grèce, à Iraklion et de redevenir un vrai basketteur. Une nouvelle qui réjouit tout ceux qui l'ont connu et approché, tout comme chacun se réjouit de savoir qu'aujourd'hui Howard Carter, père de deux enfants, ayant retrouvé l'environnement familial de sa Louisiane natale , se prépare à épouser la carrière de coach...


Bye bye Howard



Le major lance la contre attaque sous le regard du Prince


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Page créée le 26/04//2001 (G. Bouscarel et C. Gout).