HOWARD
CARTER, QUELLE PREMIERE
Que
l'histoire se soit très mal terminée, et que la maladie
ait empoisonné l'existence d'Howard Carter au point de le condamner
à subir les affres de la justice ne change rien à l'affaire.
Encore moins au respect que l'on doit à l'ensemble de son oeuvre
et à ses huit saisons passées sous lemaillot de l'Elan.
L'enfant de Bâton Rouge, débarqué en Béarn
au petit matin frileux du 21 novembre 1985, était un surdoué
de la balle orange, un athlète au shoot aussi soyeux que sa démarche
chaloupée.
Ausi prolixe derrière la ligne à trois points qu'il était
avare de paroles. Peut-être même aurait-il connu une autre
fin de carrière pour peu qu'il ait eu la force de libérer
sa conscience de ce terrible poids dont il souffrait.
L'époque
était celle de la fidélité aux couleurs. A l'aube
de la saison 85-86, l'Elan est reparti avec la majorité de ceux
qui sont entrés dans la légende deux saisons plus tôt,
en enlevant la coupe Korac. Ils sont huit encore à figurer dans
le roster, les héros de Coubertin, huit à affirmer que
les vieilles gardes ne se rendent jamais. Hufnagel, Bisseni, Henderson
sont les gardiens du temple, Ortéga et Kaba prennent de la bouteille,
les Gadou sont déjà deux , Didier -of course- et Alain,
Pascal Laperche par contre reste seul après le départ
de l'aîné Philippe. Enfin Fisher, le coach, compile les
saisons avec le même bonheur que son prédécesseur
Luent... Et pourtant cette saison là, empreinte, plus que toute
autre à la nouveauté. Philosophique. Ainsi, Pierre Seillant
confie-t-il à Freddy Hufnagel,les clés de la maison, le
considérant désormais d'une maturité suffisante
à driver un collectif qui jouera grand et puissant. L'Elan, chantre
du basket reposant sur ses tractions arrières, comme il est devenu
cette saison 2000/2001 le symbole de la carte jeune, rompt avec son
passé. Les Larrouquis-Perpère, Larrouquis-Hufnagel, Hufnagel-Mc
Cullough sont admis au livre d'or du club et Freddy le lot et Garonnais
devient Freddy premier seul maître à bord....
Le
premier changement
A cette frange fidèle, a été ajoutée une
paire américaine nouvelle puisque Paul Henderson est désormais
bien "frenchie" et que le maintien deJohn Mc Cullough ne se
justifie plus du fait de la promotion de Freddy Hufnagel.Kirk Richards
et Harvey Knuckles, sont les élus, tous deux ont déjà
évolué en Europe
Voilà, l'Elan de 85-86 est
une nouveauté sans l'être. Le cru ne va pourtant pas passer
le cap des vendanges tardives, Apprenant à Munich, où
il participe au tirage au sort des coupes d'Europe, que son équipe
a quitté le plancher de la Moutète sous les quolibets
d'un public vivant mal l'échec contre Monaco, Pierre Seillant
sait que l'heure est venue de rentrer sous sa tente, de s'y isoler pour
n'en ressortir qu'une fois la décision prise. " C'est la
goutte d'eau qui a fait déborder le vase " commente le prési
à sa descente d'avion. Un vase qui s'était effectivement
rempli de 5 défaites en 12 rencontres. Au sortir de sa tente,
Pierre Seillant a tranché come prévu, et c'est une première
qu'il a décidé : le changement d'un joueur étranger
, le premier dans l'histoire d'un club réputé pour faire
durer tous ses cadres. La preuve Harvey Knuckles, ailier longiligne
dont la réputation reposait sur la fiabilité du shoot
lointain, n'est que le numéro 15 dans l'ordre chronologique des
débarquements US sur la Place d'armes d'Orthez depuis 1972

Howard à la mène contre Limoges en finale
pour le sacre de 1987...
La
griffe Carter
Sur les conseils d'un vieux pote qui a coaché le jeune homme,
George Fisher accorde donc sa préférence à Howard
Carter, celui-là même qu'il acceuille le matin du 21 novembre
85 à l'aéroport de Pau. Et qu'il ne conduira à
Orthez qu'après une halte pour l'achat d'une paire de gants,
tant le jeune homme de 24 ans souffre d'avantage du décalalge
climatique que du décalage horaire
Howard Carter découvre
la Moutète à peu près en même temps que Freddy
Hufnagel apprend son arrivée. Le meneur béarnais ,qui
est aussi celui de l'équipe de France, est en effet à
Equeurdreville où l'équipe de France s'apprête à
rencontrer la Grèce dans un match homérique, puisqu'interminable
"J'en déduis qu'on n'avait pas confiance en moi", cingle
Freddy. "Freddy était obligé d'en faire trop, avec
l'arrivée de Carter il va pouvoir se réaliser pleinement
" tempère le président. La morale de l'histoire,
c'est que tout le monde, Freddy , le prési, l'Elan va y trouver
son compte, l'histoire se terminant au mois de mai par un titre , le
premier, de champion de France, et l'avènement de Freddy au plus
haut niveau européen avec l'apogée madrilène, on
veut parler de ce succès dans l'antre du Réal, avec les
neuf triplés du meneur français
.
C'est dire que la griffe Howard Carter a permis de rattraper le temps
perdu. A la fin de la saison régulière, l'Elan est passé
d'une série de 7 victoires 5 défaites à 9 succès
pour 1 revers ! Il est revenu de la quatrième place à
la seconde ! Il démarre ensuite le play-off à huit par
un échec avant d'aligner une série de 9 matches sans accroc
: la première couronne est au bout
Howard Carter
a bouclé son premier exercice béarnais à 23 points
de moyenne et signe un long bail avec l'Elan.

Gauche : Face à Fred. Forte et le CSP en finale...
Droite : Récompensé avec P. Seillant lors du tournoi de
Brest...
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Elan-CSP... Face à Jim Bilba...
UN
PRO, UN VRAI
Etonnante la métamorphose de l'Elan de l'avant et de l'après
" HC"? Oui mais à l'image de la dimension de ce second
arrière accusant 194 centimètres sous la toise pour 100
kilos admirablement répartis. Car le 17ème joueur étranger
de l'Elan est aussi et de loin, de très loin, celui dont le CV
est le plus fourni. C'est simple, il est le premier vrai label NBA authentique
que l'Elan s'est offert. Avant lui, peu avant, John Mc Cullough affichait
bien une apparition dans les rangs pros, mais ses huit sorties sous
le maillot de Phoenix ne sont qu'une aimable plaisanterie comparé
au séjour de Carter au plus haut niveau. Il a d'abord compilé
une saison entière à Denver , la franchise qui l' avait
drafté, c'est à dire élu, au sortir de son cursus
universitaire en 83. Puis une demi , tout de suite après, avec
Dallas. Pour un total de 77 matches NBA, ce qui à l'époque,
pour l'Europe, était un véritable luxe. La draft 83 dont
on fait état et qui chaque année établit la hierarchie
des meilleurs universitaires l'avait en outre placée très
haut puisqu'il avait été choisi en 15ème position
du premier tour !
Ce
qui signifie en clair qu'il était considéré comme
l'un des quinze meilleurs joueurs de la NCAA, le championnat des Universitaires.
Si les franchises NBA avaient ainsi posé un il interessé
sur l'étudiant de Louisiane, c'est qu'il avait réalisé
une dernière année sénior époustouflante,
ponctuée par une sélection en équipe des USA pour
les championnats du monde de 1983 à Bucarest, puis par une élection
dans le "Converse All American team" de l'année, c'est-à-dire
dans le cinq idéal de la saison. Howard Carter ne mit pas longtemps
à convertir en France ses talents reconnus outre Atlantique.
Un premier match en demi-teinte pour ses débuts face au Stade
Français (16 point à 5 sur 16) et puis la mire ne descendit
plus que très rarement sous la barre des 20 points, flirtant
ou dépassant les 30 unités à 4 reprises lors du
play-off, le premier dans l'histoire de la compétition française.
COACH
DEMAIN?
Au niveau de la performance individuelle, Howard Carter shooteur hors
pair, qui ne donnait jamais l'impression de forcer le moindre geste,
mais qui affichait une précision diabolique, signa sa meilleure
performance lors de la campagne européenne de 86-87 ? C'était
à Belgrade, face au Partizan où ses 46 points effacèrent
le record, vieux de six ans, de Paul Henderson (45 points contre le
Dynamo de Moscou). Sa capacité à aligner d'incroyables
séries de paniers , sa régularité de métronome,
allait d'ailleurs lui ouvrir les portes de l'histoire du club, puisqu'en
8 saisons sous le maillot de l'Elan, il en devenait le troisième
scoreur absolu, tout juste dépassé par Didier Gadou cette
année, alignant 5958 points en l'espace de 334 matches officiels.
Huit saisons qui auraient du être dix si une rupture du tendon
d'achille, lors de la préparation de la saison 89-90, ne l'avait
pas écarté des planchers toute une saison, avant qu'il
n'aille à Chalons Champagne ,en Pro B, passer la suivante à
faire la preuve qu'il avait recouvrer son meilleur niveau. Chalons qui
n'allait jamais oublier la saison de rêve qu'elle vécut
avec Maitre Howard, accédant pour la première fois de
son existence en Pro A et autorisée de ce fait à recevoir
Howard revenu à l'Elan. Il revint effectivement, en tant que
joueur français, puisque marié, pour 4 saisons supplémentaires
qui lui permirent d'ajouter un troisième titre national à
sa collection, celui de 92.
Du play-off suivant, il fut écarté suite à l'incident
d'Antibes avec Georgy Adams. Sans doute d'ailleurs ne se remit-il jamais
complètement de cette triste affaire et précipita-t-elle
sa chute. En proie à d'énormes difficultés personnelles
il préféra subir au point de tomber définitivement
un soir de coupe de France alors que l'Elan jouait au Havre. Howard
Carter quitta l'Elan par la petite porte. Il redressa la situation au
point de trouver un contrat à Montpellier d'abord, puis en Grèce,
à Iraklion et de redevenir un vrai basketteur. Une nouvelle qui
réjouit tout ceux qui l'ont connu et approché, tout comme
chacun se réjouit de savoir qu'aujourd'hui Howard Carter, père
de deux enfants, ayant retrouvé l'environnement familial de sa
Louisiane natale , se prépare à épouser la carrière
de coach...

Bye bye Howard
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