L'Elan Historique...

Inoubliable Conrad McRae... par Gérard Bouscarel...

Conrad
McRAE

 

Né le 11 janvier 1971
à New York

Nationalité : USA
College : Syracuse 93'
Taille : 2m08
Poste :
Intérieur
Saisons au club : 1


BIO

Conrad Mc RAE, hélas au passé.
Il aurait eu 30 ans au début de l'année. Le 11 janvier très exactement. Mais de Conrad Mc Rae, il faut parler au passé et on a du mal, beaucoup de mal, trop de mal, pour y parvenir. La vie, il y mordait dedans avec une si grande passion qu'elle paraissait lui réserver ses plus beaux fruits, ses plus belles passions. Son coeur était énorme, trop parfois, pour contenir tous les élans qu'il aurait souhaité. Et c'est lui qui l'a lâchement lâché au crépuscule de l'été dernier sur un plancher de NBA, la même après laquelle il courrait depuis 1993, ne désespérant jamais de la rattraper. C'est pour elle qu'il avait fait courir Pierre Seillant en juin 94, ne se décidant à revenir en Europe qu'après avoir sillonné tous les camps pros. C'est à sa frontière qu'il est tombé, sans jamais plus se relever, persuadé que cette fois serait la bonne, quand bien même l'année précédente un premier ennui cardiaque l'avait fait vaciller. Mais aussi insensée soit-elle, sa disparition l'aura-t-elle, pour le moins, conduit jusqu'au bout de cette passion qui le dévorait tout cru, et qui se résumait à la flamme du jeu. Oui, Conrad Mc Rae avait le feu sacré de la balle orange en lui. Quelle plus belle image, pour s'en souvenir, que ce "dunk" qu'il avait imaginé et qui consistait à incendier la balle avant d'aller l'écraser dans le cercle, toutes lumières éteintes. Ce smash là, il l'avait inventé pour le All Star game palois de 1995 quand devant son parterre et avec la complicité de son pote Jean Jacques Bissouma, il avait décidé d'allumer le feu. Las, une grippe le priva de ses forces vives et s'il s'essaya néanmoins (sans succès), c'est poussé d'avantage par la passion que la raison . L'ombre de cette envolée manquée, hantera les cintres du Palais comme les mémoires de ceux qui l'ont approché et qui savent ce qu'elle avait de majestueux et noble à la fois. Conrad était un chevalier, un serviteur du beau, un artiste accompli, un gentleman tout simplement. Le ciel était sa limite, l'élégance son royaume et la classe son terrain de chasse. Ce qui lui laissait encore suffisamment de place pour entretenir un jardin secret, celui qu'il cultivait avec "mam", sa mère qu'il sacralisait et qu'il retrouvait tous les deux jours pour lui faire partager sa joie de vivre, dans des lettres sans fin. Conrad écrivait avec la même fluidité qui l'accompagnait pour s'envoyer dans les airs dès que surgissait l'odeur d'un cercle de basket. "Il Magnifico" indiquait simplement le poster édité par Trieste, le club italien, son dernier club, lors du tournoi disputé à sa mémoire en septembre dernier. Il était magnifique effectivement et ce n'était pas la peine d'en rajouter, puisque l'image transpirait une émotion identique à celle qu'il transpirait. GRAND D'EUROPE Comme pour beaucoup de joueurs outre atlantique, l'Elan aura servi de tremplin à Conrad Mc Rae dont les débuts sur le vieux continent n'avaient pas été des plus heureux. Issu de l'Université de Syracuse en 93, drafté mais pas conservé par les Bullets de Washington, Conrad débute en Turquie, à Fenerbahce. Il rejoint l'Elan en 94 lors du tournoi de Brest et sera l'équipier de Rickie Winslow. Finaliste du championnat de France (défaite contre Antibes) et demi-finaliste de la coupe Korac (défaite contre Milan), il quitte la France sans trophée mais avec une réputation grandissante. C'est Efes Pilsen qui obtient, sa signature et qui devient, avec lui, le premier club turc à enlever un trophée européen (la coupe Korac). C'est d'ailleurs l'année de tous les bonheurs pour Efes et Conrad puisque le club réussit encore le doublé national (coupe, championnat). Efes Pilsen tente de conserver le joyau Mc Rae mais l'appel de l'Italie est le plus fort. Il faut dire qu'à Bologne la guerre des deux géants transalpins fait rage et Fortitudo qui ne rêve que de détrôner le Kinder, le fait venir à Bologne.


All-Stars Game de Pau: Conrad McRae (malheureusement grippé ce jour-là) entouré de Lolo Foirest, de son ami Jean-Jacques Bissouma qui remportera le concours de dunks, et de Rickie Winslow...

Après la Turquie et l'Italie, Mc Rae franchit un nouvel échelon dans la hierarchie économique du vieux continent. Personne ne peut lui proposer plus que le PAOK de Salonique où il atterrit en 97-98. La saison 98-99 marque son retour en Turquie où Fénérbahce qualifée pour l'Euroligue monte une équipe de standing NBA avec Abdul Rauf, Zan Tabak, Marko Milic, Ibrahim Kutluay et... Conrad Mc Rae, qui pour un contrat dit hors-normes, a oublié ses déboires de sa première année européenne sous les mêmes cieux.... Mais la compilation de stars ne débouchera pas sur le tube de l'hiver, au contraire, le match de Pau où Fenerbahce est emporté par le collectif de l'Elan marque la fin de l'aventure et le début des problèmes financiers... Conrad renvoyé prématurément en profitera pour bien préparer son été US et sa quête de NBA. C'est là qu'il est victime d'un ennui cardiaque qui laisse craindre pour la suite de sa carrière. Mais soigné et bien reposé il retrouve peu à peu le chemin des planchers et c'est à Trieste qui'il redécouvre la joie de jouer. Sa saison montre qu'il n'a rien perdu de ses qualités de funambule et c'est encore plein d'espoir qu'il se lance à la conquête d'une place en NBA... Il n'en reviendra jamais. Conrad Mc Rae était né le 11 janvier 1971 à New-York city. C'était un athlète de 2m 08 et un sacré charmant garçon, un de ceux que le palais des sports se plaisait à revoir tant il est vrai que Conrad revenait régulièrement rendre visite à l'Elan. Le plus souvent une rose à la main, pour l'ensemble du secrétariat.... (G. Bouscarel, 02/2001)


Conrad et Didier...

Page créée le 26/02//2001 (G. Bouscarel, C. Gout).