L'émotion est toujours vive au sein de la famille de l'Elan Béarnais après l'annonce, hier, du décès de Jean Luent. Parmi les "historiques", le Prince de la Moutète, Mathieu Bisséni, n'a pas voulu s'exprimer hier sous forme d'interview, préférant prendre sa plume et laisser parler son coeur. Nous publions ici l'hommage qu'il a souhaité rendre à son coach, découvert à son arrivée à Orthez en octobre 1971. 

 

Jean, Mon Cher Jean, Notre Jeannot,

Je viens d'apprendre que tu n'es plus là.

Depuis la fête de l'anniversaire de tes 80 ans chez Françoise, nous ne nous sommes plus revus.

Tu ne dors point, et tu n'es pas éteint.

Tu es un Grand Monsieur, un Grand Coach, un Grand Marabout "visionnaire ".. Je suis très fier, heureux et reconnaissant de tout ce que tu m'as apporté et aussi à mes Coéquipers, amis et frères de l'Élan Béarnais d'Orthez. Tu connais les Hommes . Tu as su tirer le maximum de chacun de nous, nous transformer, donner et faire confiance et en faire des pépites. Le rayonnement d'Orthez au plan régional, national et international, c'est Toi avec l'Assurance préservatrice et complicité de Pierre Seillant. Sans omettre les Présidents Omnisports Léon Barrère et Lucien Destandau, l'inamovible Trésorier René Laîné et la Marraine du Club Mamie Sault : "Choumani- choumanaï".

Ah ! La Moutète...... et Ah Chez Moulia (Talite et Marinette), Dudule, Bertin , Lammerain, Campagne…..La Colombière !!!.....

Tu viens de tenir en haleine tout un public en faisant durer le match de Ta vie avec des prolongations interminables, en utilisant tous les temps-morts dont tu disposais jusqu'au coup de sifflet final qui a eu lieu suite à une panne d'éclairage parce que tu l'as éteint par malice....Que vont décider les Arbitres dont Mamie ? 

Simplement siffler la FIN. Mais pas Ta fin.

Il n'y avait que toi en ce genre pour réaliser à faire illuminer le ciel, mettre la chaleur dans tous les cœurs, faire voir la Beauté de l'automne pour laisser la place au printemps.

Tu n'es pas mort ! Bientôt tu vas prendre le bateau , resté invisible depuis la naissance, amarré à quai au port de chacun de nous en attendant de devenir réel. Car ton bateau te mènera paisiblement vers un Paradis éternel. A bord, tu y trouveras le  "Livre des Morts des Anciens égyptiens ".

Tes amis, Ta famille, Josette , Françoise et tes Petits-enfants, nous ne te verrons plus et pourtant tu seras partout...

J'ai compris que la mort n'est rien. Ce n'est qu'un passage de l'autre côté de la vie où il semble que tout devient éternité.

Au fait ! Je n'avais pas fini de te raconter l'histoire de "l'Homme aux neuf hernies"...

Tu sais, Jean, notre Amitié vivra toujours dans les beaux et bons souvenirs et dans l'attente d'un autre jour où tout reviendra à la vie.

Je crois en Dieu. La résurrection nous conduit où l'âme devient éternelle.

Au fond, la Mort dont on parle et qui fait peur n'est qu'une transition vers un mystère, un Chemin vers une vie de Lumière.

Tu es comme la Lumière, donc tu es Lumière.

Mon Cher Jean, je t'appelle Jean car c'est le prénom que tes parents  t'ont donné.

Tu es mort, mais ce n'est pas une fin, c'est pour moi le début d'une vie éternelle.. Tu vas dans un Pays où on ne trouve que les plus beaux sentiments.

Je vais essayer de chasser la tristesse en moi pour n'être que dans l'allégresse, rire des blagues et des jeux que nous partagions et enfin les chansons  paillardes...comme "La femme qui pète au lit".

Sacré Jean !

Je me souviens  encore et toujours de tes 80 ans ; nous avions joué, ri jusqu'aux larmes, fait la fête...

Nous étions unis comme jamais. Cela s'appelle aussi la "transmission".

Je vais penser à toi avec la joie au cœur, vivre avec les "Anciens de l'Élan Béarnais" en souvenir de toi et dans le bonheur.

Jean, Jeannot sera le chant réconfortant pour toujours afin de nous éviter le regret.

Ton départ dans l'Au-delà n'est pas un chemin de larmes ni un océan de pleurs.

Pars vers un Repos apaisé. J'ai fini par comprendre que la vie signifie tout ce qu'elle a toujours signifié, car elle continue telle qu'elle l'a toujours fait.

Vivre et aimer chaque jour.

J'ai appris à dire "Je t'aime" à ceux que j'aime parce que l'Amour vrai ne meurt jamais et s'inscrit dans l'Éternité.

Jean, tu es parti, mais je sais dans mon for intérieur que tu seras toujours parmi nous. La mort t'a délivré de notre Monde pour te mener vers un Monde plus doux où n'existent pas la maladie, la méchanceté et l'injustice.

Un monde de l'Espérance....

Avec ton sourire en coin, tout "mounard" tu me dis : "Soyez heureux les gars en pensant à moi et ne pleurez surtout pas pour ne pas me rendre triste.... Savez-vous que je vous aime en silence et que je vous observe en confiance ? "

Jean, salue tous les Ami(e)s, Parents et Potes qui t'ont précédé pour moi. Tu vas rencontrer pas mal de vieilles connaissances.......assister, jouer ou diriger les matchs de Basket et autres d'Outre-Tombe qui  doivent être très passionnants là-bas, Là-haut.

Et nous ici, nous gardons la Maison en prenant bien soin de nous à cause de cette satanée pandémie de la Covid-19.

Tu vivras Heureux dans un Paradis mérité, fier de ta Famille et de tes Ami(e)s. Bon voyage !

Je t'embrasse chaleureusement.

Mathieu BISSÉNI

Fait à Floirac, le 1er février 2021

collage2Jean Luent, Mathieu Bisséni, la Moutète