Le Palais des Sports est fermé et le basket à l’arrêt. Le dernier match disputé dans l’antre béarnais remonte au 11 février dernier, à l’occasion de la venue de la JDA Dijon et il semble déjà si loin. Les Palois s’étaient ensuite inclinés à Gravelines avant de remporter un match crucial au Portel, remontant au 11ème rang du classement général. Depuis, les ballons ont été remisés au placard pour cause de confinement suit à la pandémie de Covid-19. Six semaines plus tard, la situation reste floue quant à la fin de la saison 2019-20 et la suivante, même si l’on sait qu’aucun match ne pourra se disputer d’ici septembre : l’occasion de faire le point avec le Directeur Exécutif, Didier Gadou.

 

« Didier, tout d’abord, comment vivez-vous ce confinement à titre personnel ? »

« Comme tout un chacun, je tente de le respecter à la lettre, en suivant les consignes gouvernementales. C’est une question de santé mais aussi de respect à l’égard de toutes celles et ceux qui œuvrent en « première ligne », comme on a pris l’habitude de le dire. Nous avons recueilli de nombreux témoignages de la part d’abonnés, de bénévoles ou de fans de notre club qui travaillent dans le domaine de la santé, du social ou qui ont poursuivi leur activité en cette période très difficile et nous leur sommes extrêmement reconnaissants. Sur un plan personnel, je vis un confinement studieux que je passe chez moi en famille, ma femme étant également en télétravail. Il a fallu se réorganiser, notamment grâce à la visioconférence, afin de pouvoir mener à bien les missions en faveur de l’Elan Béarnais et celles en tant que membre du Comité Directeur de l’UCPB (Union des Clubs Professionnels de Basket). »

« La vie du club a forcément été très impactée. Comment gère-ton cette situation inédite ? »

« Le Palais des Sports est fermé suite à un arrêté municipal et il le restera au-delà du 11 mai. Cela signifie que nous ne pourrons toujours pas accueillir du public mais en revanche, le standard téléphonique (05.59.80.01.22) sera à nouveau opérationnel à compter du 12 mai. Côté club, nous avons mis en place des échanges entre salariés toujours par visioconférence afin de prendre des nouvelles des uns et des autres et de garder un lien entre nous tous en attendant de pouvoir reprendre notre activité. C’est vrai qu’entre un Palais des Sports fermé et des employés en chômage partiel, nous devons gérer une situation pour le moins inédite. »

« Qu’en est-il à ce jour du championnat 2019-2020 ? »

« Comme tout le monde le sait, la LNB a mis fin il y a quelques jours à un certain stress en actant qu’aucun match de basket ne se déroulerait d’ici le mois de septembre. Cela ne signifie pas pour autant la fin de l’édition 2019-20 de la JeepELITE qui n’est, pour l’heure, que suspendue. Plusieurs scénarios ont été élaborés et le Comité Directeur de la LNB les soumettra aux votes de tous les Présidents des clubs de JeepELITE et Pro B lors d’une assemblée générale qui aura lieu peu après le 11 mai. Trois groupes de travail ont été formés afin de plancher respectivement sur la situation sanitaire et sportive, économique ainsi que sur l’allégement du plan stratégique. Concernant les options possibles, trois ont été retenues : une formule à 18 clubs sans montée ni descente qui comprendra les 9 matches restants à disputer de la saison en cours plus les 34 journées de la saison 2020-21 ; une formule à 18 clubs sans montée ni descente avec 34 matches à disputer ainsi qu’une formule à 20 clubs, comprenant deux promus de Pro B. Pour l’heure, la seule chose pour laquelle semble se dégager un consensus, c’est la volonté de ne pas disputer de match à huis-clos, un cas de figure excessivement pénalisant d’un point de vue économique. »

public1 "Pour l’heure, la seule chose pour laquelle semble se dégager un consensus, c’est la volonté de ne pas disputer de match à huis-clos, un cas de figure excessivement pénalisant d’un point de vue économique". ©Eric Traversié

« mais pour l’heure, on ne sait pas quand le public sera autorisé à revenir dans les salles… »

« C’est pour cela qu’on ne sait pas non plus quand la reprise du championnat se fera. Cela peut être en octobre, novembre, décembre ou même janvier prochain ! il faudrait une jauge à minima garantie aux clubs pour accueillir leurs abonnés et partenaires afin d’honorer les prestations. Je sais que la formule des « championnats cumulés » manque cruellement de lisibilité sportive, mais en même temps, elle s’inscrit dans une volonté de sauvegarde économique de structures sportives comme la nôtre et le public peut le comprendre. Quoiqu’il en soit, c’est la situation sanitaire qui guidera les choix et pour l’heure, les équations possèdent encore bon nombre d’inconnues. »

« Comment aborder l’avenir côté Elan ? »

« Dirigeants, membres du staff ou joueurs, nous attendons les décisions de la LNB, prêts à nous remettre en ordre de marche. Nos équipes se sont arrêtées en plein championnat. Il restait 5 belles affiches à domicile pour les Pros mais n’oublions pas non plus nos espoirs qui pouvaient espérer prendre part au trophée du futur et à notre très belle équipe U18 qui pouvait clairement viser le titre national. Ces jeunes vont continuer à grandir chez nous. Chez les pros, plusieurs contrats vont s’interrompre au 30 juin alors que la saison n’est toujours pas terminée. 6 joueurs sont néanmoins toujours liés avec le club : Gérald Ayayi, Yohan Choupas, Digué Diawara, Petr Cornelie, Thibault Daval-Braquet et Nicolas De Jong. Nous étudions depuis un moment déjà les orientations à mener dans l’intérêt de tous, joueurs comme club et ce dans le cadre de notre réflexion concernant le prochain budget. En cette période compliquée, nous devons miser sur la force de la jeunesse et nous appuyer sur nos racines, sur celles et ceux qui aiment nos couleurs et qui les défendent. Nous entrons dans une phase de reconstruction mais nous sommes un club de territoire avec une identité forte et cela va nous aider à relever nos prochains défis, j’en suis convaincu. »

itw2Nicolas De Jong figure parmi les joueurs sous contrat avec l'Elan pour la saison 2020-2021 ©Eric Traversié