C'était dans l'air depuis plusieurs jours voire semaines, c'est maintenant officiel. Le coach Eric Bartecheky s'est engagé en faveur de l'Elan Béarnais pour les deux prochaines saisons. Choisi pour diriger l'opération commando en vue du maintien dans l'élite, celui-ci a parfaitement réussi sa mission, permettant un rétablissement spectaculaire de l'équipe. Relégable lors de sa prise de fonction à la mi-mars, l'équipe a terminé au 11ème rang de JeepELITE, achevant l'exercice 20-21 sur une superbe  série de 7 victoires consécutives. Pour sa part, Eric Bartecheky affiche un bilan largement positif (13V/7D) dans la lignée de sa première expérience à la tête de l'équipe (2015-2017) qui lui avait permis de la conduire par deux fois en playoffs. Son bilan global à la tête de l'équipe paloise est d'ailleurs éloquent : 56 victoires, 32 défaites (63.7% de victoires). L'histoire entre "Bartoche" et l'Elan ne pouvait que se prolonger après un tel come-back ! Alors qu'il s'active avec la cellule recrutement en vue de la composition de son prochain groupe, le technicien est revenu pour le site officiel sur ces trois derniers mois de compétition particulièrement intenses. 

 

Quel regard portes-tu sur ce come-back réussi à la tête de l'équipe ?

Il n'y a eu que trois mois à gérer, mais trois mois sacrément intenses au cours desquels il s'est passé beaucoup de choses. Nous avions face à nous de nombreuses problématiques. L'objectif du maintien a été atteint, on a réussi à faire des superbes performances face à Dijon et Strasbourg et même si la fin de calendrier était plus abordable, boucler la saison sur 7 victoires consécutives reste quand même quelque chose d'assez extraordinaire. 

Rien ne semblait pouvoir arrêter ce groupe en fin de saison. Jusqu'où pouvait-il aller ?

Après 4 victoires d'affilée, on y avait pris goût. Les matches se sont enchaînés à un rythme élevé alors même avec le maintien en poche, c'était plus facile de garder les joueurs sous pression. Le groupe est resté sérieux jusqu'au bout. On aurait pu perdre des matches bien sûr, mais si les attitudes n'avaient pas été bonnes, cela aurait été dommage. Une cohésion était née, l'équipe était plaisante à coacher, très impliquée et concernée. L'entente était au top entre les joueurs. De par mes expériences passées, oui, franchement, je pense pouvoir dire qu' il y aurait eu un coup à jouer si on avait pu poursuivre en playoffs. Il y avait beaucoup de possibilités pour faire jouer cette équipe-là. Avec elle, on a affiché quand même 65% de réussite, comme la JL Bourg (5ème) sur l'ensemble de la saison. 

48 heures après ta prise de fonction, l'Elan accueille Roanne. Pour ton retour sur le banc du Palais, la soirée fut douloureuse (60-81). Comment as-tu vécu cette rencontre ? 
On dit toujours qu'un changement de coach peut entraîner un choc psychologique. Là, cela fut presque l'inverse. Même si tous les signaux étaient au rouge, je me devais d'essayer de mettre Tony Wroten dans le 5 majeur. Je voulais voir ce qu'il pouvait donner. Aussitôt après, on a décidé de l'écarter. Cela a créé une autre dynamique, resserré et responsabilisé l'équipe à ce moment-là. 

Penses-tu que la victoire face à Nanterre a constitué un déclic ?

Très certainement et heureusement qu'on prend ce match ! nous sommes passés de justesse mais cette victoire fut capitale. Après l'échec face à Roanne, il fallait à tout prix un succès très vite derrière. Malgré tout, on savait déjà qu'en restant dans cette configuration, il aurait été impossible de réaliser le parcours que nous avons accompli par la suite. L'équipe a réussi à être performante face à Nanterre mais après la rencontre suivante face au Champagne Basket, on s'est rendu compte de nos lacunes. Il y avait des ajustements au sein de l'effectif qu'il était impératif de faire. 

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Eric Bartecheky a pu compter sur le retour de blessure de Justin Bibbins à un moment clé de la saison ©Eric Traversié

Outre les renforts de Jay Threatt et Ioannis Kouzeloglou, il y a aussi eu le retour aux affaires de Justin Bibbins...

Il faut se souvenir qu'on avait de grosses interrogations sur son retour de blessure, d'où l'idée présente tout de suite de disposer d'un meneur supplémentaire avec Jay. En parallèle, j'ai pris la décision de rééquilibrer le secteur intérieur, en faisant le choix de faire évoluer Petr (Cornelie) en 4 mais aussi en 5 avec Hamady (Ndiaye). On a aussi opté pour un autre ailier-fort au profil différent de Jérémy (Leloup) en la personne de Ioannis (Kouzeloglou). Cela nous a offert plusieurs possibilités supplémentaires. L'équilibre était intéressant car on est parvenu à remettre les joueurs dans des situations où ils pouvaient plus "performer". Nous nous sommes retrouvés avec un groupe de 11 éléments comme si nous faisions une coupe d'Europe, mais avec l'enchaînement des matches de JeepELITE, cela revenait au même. Tout s'est bien "goupillé" comme on dit et nos choix se sont avérés payants.

Quelles ont été selon toi les clés du succès de cette mission commando ? 

Il fallait rapidement faire un état des lieux et trouver des solutions afin d'atteindre le rééquilibrage de l'équipe en tenant compte de certaines contraintes, comme le nombre de contrats encore disponibles par exemple. Il y avait une certaine pression, émanant aussi bien des joueurs que des journalistes ou des supporters, pour recruter des joueurs car on était dans une situation critique d'un point de vue comptable. On a dû faire face à cela, sans céder à la panique. Il restait encore beaucoup de matches à disputer et il valait mieux prendre le temps de choisir le joueur rentrant bien dans la case plutôt que de se précipiter, et ce, d'autant que le marché était tendu. Cela fait partie de l'expérience qu'on aura pu acquérir au cours de cette saison. Ce n'est pas une science exacte, on fait des erreurs et on en fera encore mais tout cela prouve surtout à quel point le recrutement et l'équilibre de l'équipe sont primordiaux. 

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"L'équipe était plaisante à coacher, très impliquée et concernée" selon Eric Bartecheky ici avec Hamady Ndiaye ©Eric Traversié

Que retiendras-tu de cette expérience nouvelle pour toi ? 

Je savais que j'allais m'investir beaucoup dans le projet mais j'étais loin d'imaginer quand même ce qui m'attendait ! le break que j'ai vécu m'a aidé car il m'a permis d'attaquer cette mission avec de la fraîcheur physique et mentale. Ce fut une expérience enrichissante. Pour un coach, même si c'est très compliqué à faire, il faut savoir retirer du positif de chaque situation, même lorsque cela ne tourne pas comme on le souhaite. Pour que cela se passe bien, il faut aussi un environnement global propice et je savais qu'en venant à l'Elan, j'allais l'avoir.

800equipebartechekyEric Bartecheky s'est engagé jusqu'en 2023 avec l'Elan Béarnais ©Eric Traversié

Transition toute trouvée pour évoquer ton nouvel engagement de deux ans en faveur de l'Elan...
Je suis très heureux de poursuivre l'aventure. Evidemment je ne savais pas, au vu du changement de propriétaire du club, si j'allais faire partie des plans. Après un tel scénario, j'avais forcément envie de continuer et je ne me suis jamais caché sur le fait que Pau est l'endroit que je préfère ! l'été va être studieux, on n'a pas mal de réflexions à mener pour construire le meilleur groupe possible, mais avec toujours cette volonté de ne pas se précipiter.