L'Elan Historique...

...Ce mois çi, Gérard Bouscarel nous parle d'Orlando Philipps

Orlando
PHILIPPS

Né le 30 juin 1960 à San Fransisco.
2m 01 - 105 kilos - Pivot.
Marié, père d'une fille.


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Poste : Pivot
Saisons au club :
4
Nationalité: US

Taille : 2m01
Arrivée à l'Elan : 1990



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PALMARES:

Issu de l'Université de Pepperdine en 83 (3ème tour de draft par les Lakers n°69)
84-85 : Caja Madrid
85-87 : Istanbul Besiktas
87-88 : Pamesa Valence.
88-89 : ROCKFORD (CBA)
Arrive à l'Elan le 29 mars 90.
Il jouera pour l'Elan un total de 122 matches . Signat 2300 points (18,8 de moyenne), restant aujourd'hui encore le 11ème marquer de toute l'histoire du club juste devant Mike Jones.

- Champion de France 1992
- Vainqueur du Tournoi des As 1991-1992-1993


BIO


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ORLANDO PHILLIPPS: MAINS D'OR

Jusque là , l'Elan promu en première division depuis 73 avait opéré deux changements de joueurs étrangers : Knuckles (pour Carter) et Scheffler (pour Rowson)… Un record de stabilité que la saison 89-90 allait mettre à mal puisque cinq joueurs d'outre atlantique allaient se succéder jusqu'à la veille du dernier match de la saison régulière…
C'est le dernier des cinq qui allait être le bon : Orlando Philipps, au point qu'il resta les trois exercices suivants…Ce pivot là avait des mains en or.

L'Elan n'a plus qu'un match, contre Reims, pour accrocher le dernier carré du championnat qui sera également celui du tournoi des As. Nous sommes le dernier jour de mars 90, et il n'en finit toujours pas de raccomoder son effectif, l'un des plus chamboulé de toute son histoire….
La dernière des frasques américaines de cette "cruelle saison" (dixit le président) est signée José Waïtman, le pivot, porté déserteur une semaine, ce qui lui vaut d'être, illico presto, renvoyé dans ses foyers. Ce n'est qu'un épisode supplémentaire du long feuilleton qui vaut à l'Elan de faire l'actualité plus souvent qu'à son tour...
En fait, cette saison qui marque la fin du règne de Fisher et l'avènement du tandem Bialé-Grant, cette saison que Pierre Seillant avait, pourtant, souhaité sereine pour préparer l'arrivée à Pau, un an plus tard, s'est mal engagée avec la rupture à répétition d'Howard Carter. Son remplaçant, Jamie Waller joue l'Arlésienne en différant à plusieurs reprises son arrivée, sous pretexte d'un genou pas totalement remis . C'est un vrai miracle que de pouvoir pêcher à Paris, le soir même où il s'apprêtait à redécoller pour les USA, Mickael Born, jeune meneur universitaire en tournée avec son équipe corpo... Le blond yankee, désorienté, effarouché, signera dans la nuit précedent la date limite des qualifications un contrat de trois semaines... L'anecdote retient qu'il se fit tant apprécier de la Moutète, qu'il la quitta sous un tonnerre d'applaudissements et une foule de fans....

VALSE DES AMERICAINS

Le jour où, l'Elan immortalise devant les photographes son effectif officiel sur le site, où les travaux du palais des sports vont bientôt débuter, Waller se fait toujours attendre. Quand, il arrive enfin, il souffle le chaud et le froid. Tantôt brillantissime, tantôt transparent et constamment fantasque. Pierre Seillant menace même de ne pas faire jouer son tandem américian contre Limoges qui débarque en Béarn auréolé de 23 succès en autant de rencontres. La réponse du tandem US est cinglante le CSP est laminé 115-101, subissant son seul revers de la saison régulière en Béarn... Mais le calme n'est qu'apparent et la tempête menace: Waller est quand même coupé pour fautes à répétition. Las, son successeur, Steve Lingenfelter , un pivot maouss-costaud ne résiste que trois matches à la critique. Il est complètement hors de forme et dépassé par les évènements. Nouveau changement ! Après un arrière puis un pivot c'est un ailier qui arrive, Léo Rautins, le premier canadien du club. Shooteur très longue portée, il apporte la stabilité nécessaire, enfin, mais c'est du côté de Waïtman que les choses se gâtent. Il souffre dit-il. Il n'a rien répond la médecine. Il a peur de "mourir loin de chez lui" persiste-t-il.... Exit Waïtman


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PHILIPPS PAR DEFAUT…

Bref l'Elan tangue, même s'il reste dans le coup mathématiquement... Encore lui faut-il battre Reims pour la clôture...
Avec qui à la place de Waïtman? La dernière nouveauté s'appelle Orlando Philipps, elle arrive de CBA, qui reste à l'époque le réservoir privilégié de l'Europe.
Pierre Seillant a bien tenté un gros coup en appelant son ami Rubio, le président de Saragosse, qui vient de mettre à l'essai, sans le confirmer, Pat Cumings et ses onze ans de NBA, mais il est lui aussi sur les rotules...
Ce sera donc Orlando Philipps presque par défaut... Et avec méfiance compte tenu des antécédents...
Pourtant, s'il a mis le temps et plus encore, l'Elan vient de faire une excellente pioche....
L'Elan ne fait que sauver les meubles sans doute, en arrachant l'Europe face à St Quentin …en barrage après avoir subi les affres d'une élimination en quart de finale du play-off (la seule aujourd'hui encore), chez lui contre Mulhouse, mais il mesure combien avec ce Phillipps là , les choses auraient sans doute changé…
Le nième US de la collection brille en effet moins de 24 heures après avoir posé ses valises chez Moulia, et signe 19 points lors de son entrée lors du crucial Elan-Reims…19 points de vrai pivot.
Suffisamment pour que l'Elan s'aligne sur les propositions qui lui reviennent d'Espagne et prolonge d'une saison son court séjour au pays de Gaston Phoebus…

14 SUR 14

Orlando Philipps n'est effectivement pas un nouveau sur le circuit européen. Il y a fait ses déuts en 84 sous les couleurs de Caja Madrid, puis il a passé deux saisons à Istanbul, avant de revenir outre Pyrénées , à Valence. C'est à Rockford, en CBA, là où comme beaucoup, il espèrait un strapontin NBA que l'Elan le débauche.
En réalité s'il a échappé au " premier marché " des grands, c'est qu'il s'agit d' un pivot court sur pattes. 2m 01 le brave Orlando…
Sans quoi, ses 22,6 points et 11,2 rebonds de moyenne à 57% de réussite en CBA lui auraient valu d'autres convoitises… Déjà au sortir de sa fac de Pepperdine (magnifique campus californien à deux pas de Malibu), en 83, il avait fait hésiter le pros, puisque les Lakers mirent une piecette sur son dossard : numéro 69 de la draft, ce qui ne lui laissait pas grand espoir… mais qui soulignait quelques qualités…
Gros pectoraux, cou de taureau, bassin large , sens du placement malin , et puissance garantie au ras du sol : voilà le pivot qui apparut en Béarn. Ce qu'il restait à découvrir, c'était ses mains, des mains en or capables de mettre plus deux tirs sur trois ! Un métronome quoi. Avec des séquences à affoler les compteurs, puisque'il figure encore dans les anales de la ligue nationale : 14 paniers pour 14 tirs le 10 mars 90 à Pau contre Roanne. Une équipe de Roanne qui lui réussissait fort bien au demeurant puisqu'à l'aller il avait déjà signé un 13 sur 14 du meilleur cru…. Et quand on évoquait avec lui cette fiabilité, il rappelait modestement que son record restrait un 17 sur 17 avec Pepperdine , en NCAA, contre le Houston d'un certain Olajuwon, peu facile à contourner pourtant…

LE TITRE A PAU…

Mais Philipps ou pas, l'Elan semblait marquer par la poisse en cette période de grands changements stratégiques , puisque l'arrivée à Pau approchait à grands pas. Sa luxation accromio-claviculaire dès le premier match de la reprise 90-91, contre Dijon plaçait l'Elan dans l'embarras à trois jours d'aller à Ostende pour les préliminaires de la Korac. Scheffler revint à la hâte en renfort, mais il n'était plus que l'ombre de lui-même le grand Tom et c'est bien l'ombre de Philipps qui plana en Belgique où l'Elan sombra corps et bien (-20) au point de disparaître dès son entrée en lice ce qui n'était jamais jamais arrivé depuis sa première qualification en 77 ! ! ! L'Elan arriverait donc à Pau, en Janvier avec Philipps mais sans Europe… Qu'à cela ne tienne l'Elan s'offrait son premier -des trois - tournoi des As avec un Philipps impérial en finale (25 points), et une demi-finale de coupe des coupes ratée pour 7 secondes à Gorizia face à Ljubjlana.
Et l 'année d'après, la paire Jones-Philipps, que l'Elan associa , termina la besogne avec ce premier titre national au palais face à Limoges, un Limoges assassiné chez lui par un ultime panier de …Philipps venu en embuscade sous le cercle quand toute la défense s'était polarisée sur Jones. Le titre, les As (deuxième), ce Philipps là avait contribué à effacer les affres de l'exercice précédent…. Toujours aussi régulier, toujours aussi précis.
Il prolongea naturellement son bail avec un Elan acceuillant Muresan (92-93) mais son épaule ne résista point à la charge de Joe Binion dans un combat européen de titan à Madrid face à Estudiantes et elle ne le laissa plus jamais totalement en paix. Il ne joua pas le moitié des matches de l'exercice, mais l'Elan s'offrait un triplé aux As, une finale nationale et un quart de coupe des champions face au PAOK de Cliff Levingston…. Quand Orlando Philipps, très marqué aussi, cette année là, par l'accident de voiture dont sa fille Ashley fut victime aux USA, quitta l'Elan pour aller rejoindre son épouse qui venait de terminer son " académy " pour intégrer la police New-Yorkaise, il laissait une feuille de statsà 66% d'adresse. Orlando était bien un pivot aux mains d'or…


Page créée le 22/05/2002 (G. Bouscarel et C. Gout). Photos J. Cathalaa.