Elan - Le Havre 92-70

4300 spectateurs - Palais des Sports

Photos SUD OUEST

La der de Fred Fauthoux au Palais....


Les oreilles à Dijon et Toulon.... Au bout du suspens, finalement pas de PO cette année.....


L'inutile démonstration

Il ne leur a donc servi à rien de se montrer sous leur meilleur jour, de régaler le palais d’une première mi-temps qui avait scellé la première partie du triptyque (57-27) nécessaire à cette qualification, d’une mi-temps où la flamboyance prévalut souvent, faite de courses rapides, d’une circulation de balle orchestrée de main de maître par un Fred Fauthoux titularisé d’entrée, puisqu’il se pouvait que ce soit sa dernière au palais…
D’une mi-temps de nature à faire regretter les errements qui avaient mis les béarnais en difficulté et ponctuée de l’adresse infernale de CC Harrison auteur de 14 points, dont 4 paniers primés, à 100% lors des dix premières minutes…
Le Havre n’était sans doute pas venu le couteau entre les dents, mais on n’avait même pas eu le temps de se poser la question tant l’Elan évoluait à la vitesse supérieure et tant il avait fait voler en éclat la défense adverse. Il confirmait que dans un basket de gala, il n’avait pas son pareil, un 25-2 de la 3ème minute à la 9ème enleva tout suspense à la rencontre (32-11) et comme Ferchaud et Sanders sortaient du banc avec autant de réussite derrière l’arc que leurs potes, Le Havre était menacé de naufrage bien avant l‘heure… Le second quart était en effet du même calibre que le premier et Vaty avait été convié à la fête au relais d’un Wright toujours aussi présent…
Il n’y avait donc plus grand-chose à attendre de cette rencontre, sinon que les normands ne se refassent quelque peu la cerise à l’occasion du passage aux vestiaires… Ce qui fut fait, puisque l’Elan eut à subir dès la reprise la révolte défensive d’un adversaire craignant l’humiliation… Les béarnais eurent même quelques peines à remettre la machine en route et ils encaissèrent un 19-1 qui, s’il ne remettait rien en cause donnait au match un vrai sens (60-49, 72-61)…
Devant un parterre qui ne semblait pas leur tenir rigueur de quoi que ce soit, Fred Fauthoux et les siens eurent le bon goût de remettre de l’ordre dans leur jeu et de retrouver l’alternance du début. Ils reprirent vite leur distance avec toujours le même succès à trois points (12 sur 28 au total) et le même ancrage de Wright à l’intérieur. Ils repassaient donc la barre des 20 points (88-68) avec un cinq uniquement composé des joueurs français et l’heure était venue dès lors de tendre l’oreille du côté de Dijon et de Hyères-Toulon…
Le suspense allait être alors de mise…Jusqu’à ce panier de Carroll qui envoyait Gravelines dans le grand huit laissant l’Elan à sa déception et ses regrets, ceux de ne pas avoir plus souvent développé ce basket du premier acte… Mais il reste Bercy et la coupe de France pour mettre du baume sur la plaie et cet objectif là, pas question de le rater….

Elan-Le Havre: la réaction de Pierre Seillant

Pierre Seillant : « C’est bien entendu une déception. On avait un effectif pour aller en play-off et on y est pas, mais la déception n’est pas brutale. Elle était un peu programmée dpuis la défaite de Cholet. Il est clair désormais que la victoire en coupe de France est un impératif. Les joueurs quels qu’ils soient, restant ou partant doivent laisser le club dans l’état où ils l’ont trouvé, c'est-à-dire européen. Il faut donc monter une opération commando et je vais m’y employer dès demain.
Le scénario de ce soir est dur puisqu’il a fallu attendre 34 fois 40 minutes pour en connaître le dénouement. C’est la preuve que le championnat a été dense et comme beaucoup de monde semblait fatigué de voir Pau-Orthez en haut, il y aura des satisfaits. Je ne vais pas leur en vouloir. Je vais m’attacher à repartir avec un groupe neuf et très différent, car l’année a été difficile ponctuée de coups d’éclats et de mauvaises surprises. La prochaine sera différente, il nous faut vivre une aventure humaine meilleure que celle que nous avons vécu.
Même si je considère qu’il s’agit d’un accident de parcours dans l’histoire du club, pas banal certes, mais un accident tout de même.
Ce n’est pas ce soir que l’on est éliminé, c’est bien avant. Le mal était en nous et on n’a pas su l’éradiquer, on l’a entretenu car je le répète on avait un effectif pour aller en play-off.
Mais je considère que les choses ne viennent jamais par hasard et c’est peut-être un mal pour un bien. En arrivant à Pau nous avion beaucoup d’avance sur tout le monde. Aujourd’hui, il faut revenir à plus d’humilité, à une nouvelle dynamique.
Le débriefing sera pour plus tard, aujourd’hui, l’impératif est de gagner la coupe de France et d’être européen. Ce ne sera pas en Euroligue mais je n’en faisais pas une fixation. Je dis depuis deux ans que l’Euroligue n’est pas un cadeau pour les clubs français, quand bien même avons-nous fait une saison hors norme. On s’y était habitué et on s’y débrouillait à l’époque où nos internationaux A jouaient en France, aujourd’hui on n’a plus que les A’ et, que je sache, on n’a pas les meilleurs étrangers du monde. Si on est en FIBA Cup, et on se doit d’y être, on constatera qu’il y a du beau monde… »

(Gérard Bousarel-Christian Gout, 2006/2007)