Elan - Hyères : 84-98

3900 spectateurs - Palais des Sports

Photos SUD OUEST


L'art de tout gâcher....

Soit la défaite de Tel Aviv jeudi soir a laissé plus de traces, morales et physiques, que beaucoup d’autres combats européens, soit ils n’ont pas respecté mais alors pas le moins du monde cette équipe de Hyères-Toulon et son statut de reléguable… Dans les deux cas l’Elan l’aura compris le palais n’a pas apprécié, mais pas du tout, la non performance des siens et le leur a fait savoir en les raccompagnant, sur le chemin des vestiaires, par une bronca significative de sa déception…
Prostrés sur leur banc, les joueurs devaient encore entendre les échos de ce mécontentement lorsque le directeur général fit son entrée pour leur dire à son tour sa manière de penser…
Pierre Seillant n’a pas fait dans le dentelle…
Et dire qu’en baisser de rideau de cette 25ème journée, les béarnais avaient tous les atouts pour passer une soirée des plus tranquilles. Une victoire, une seule, et ils confortaient leur cinquième place qu’ils auraient partagée avec le seul Orléans puisque le Mans avait chuté, ce qui pouvait être considéré comme une bonne affaire… Ils s’offraient même le droit de viser vers le haut, dans une grosse semaine, sur le plancher de Roanne….
Oui mais, de ce succès qui était le minimum syndical réclamé aux hommes de Gordon Herbert, ils n’en furent pas loin… Ils en sont tout bonnement restés à des années lumières.
Et pour être plus clair, ils ont laissé les Varois leur danser sur le ventre, évitant, de justesse, d’encaisser 100 points dans leur palais. Et ce du début à la fin puisqu’ils étaient à moins 15 (18-33) après moins de 9 minutes lorsque le roi du terrain s’appelait Thompson, le nouveau meneur du HTV. 4 sur 4 à trois points, 5 lancers franc sur 5, 17 points en un quart temps : le palais avait vu des phénomènes dans son existence, il trouvait que celui-ci bénéficiait tout de même de quelques largesses… Il est vrai que l’Elan ayant, 33 points dans sa musette au bout de 10 minutes, il devait y avoir eu une sacrée panne de réveil… Et si Sanders avait donné un instant le change (9 points) il était bien seul dans la maison…
Et puis il était à moins 16 après 25 minutes de jeu (65-49) conséquence d’un 2-15 encaissé dès le retour des vestiaires comme si au lieu de s’y réveiller, il s’y était davantage encore assoupi… Ce n’est plus cette fois Thompson qui se jouait de sa défense ( ?) mais Obasohan qui le pourfendait à tout coup ou presque. Il filait tout droit vers une feuille de stats d’habitude réservée à Wright ( 34 points, 31 d’évaluation ) , un Wright lui aussi assez loin de ses standards …
Et puis enfin il était à moins 20 (74-94) lorsqu’il se lança sans grande conviction dans un pressing défensif qui ne fit pas trembler une seule fois des Hyérois sans doute tout surpris de la facilité avec laquelle ils venaient s’imposer à Pau et confirmer que les moribonds de la veille n’étaient donc pas les agonisants du lendemain.
Pas beaucoup de crédits béarnais dans tout ça ? Le seul à leur apporter sera celui du second quart quand, face à un palais qui commençait à grogner quelque peu, ils eurent un soubresaut, toujours animé par Sanders, qui par le biais de deux accélérations (9-4, 9-0) les porta aux commandes 44-42…
C’était l’instant ou l’on imaginait que les béarnais avaient enfin retrouvé leurs esprits et leur volonté de défendre plutôt que d’attaquer à tout va…. Que nenni, le mal était, en ce dimanche plus profond, et Hyères reprit les rênes le plus tranquillement (48-44). L’Elan ne referait plus jamais surface quand bien même d’Almeida et Greer essayèrent de le secouer dans les troisième et quatrième quarts…
Mais sans collectif et sans défense pouvait-il y avoir un salut… ?

P. Seillant: "une insulte au club"

Pierre Seillant : « Il ne faut pas avoir la mémoire courte, des matches de m… comme celui-là, au lendemain de gros combats européens on en a eu à Orthez comme à Pau. Ce qui est inacceptable c’est la manière dont on a perdu. C’est une insulte au basket au public au club et à son histoire. Quitte à perdre perdons avec les jeunes, les joueurs frais.
C’est un gros gâchis et j’ai prévenu les joueurs et le staff que ce serait le dernier sans quoi je serais amené à prendre des décisions plus radicales. »

Gordon Herbert : « Nous avions rétabli l’équilibre en championnat parceque nous avions joué en équipe, parceque nous défendions et que les joueurs faisaient des sacrifices, donnaient leur corps à l’équipe, cherchaient l’extra passe pour le partenaire. Ce soir nous n’avons rien respecté, on a perdu tous les duels et on a pensé qu’à attaquer sans jamais défendre. On peut perdre un match mais on ne peut pas proposer ce niveau de jeu sans le moindre respect pour rien. On avait concédé 17 pôints en 5 minutes, c’est bien la démonstration de ce qu’on n’a pas joué… »



(Gérard Bousarel-Christian Gout, 2006/2007)