Elan - Strasbourg : 89-85 (AP)

4600 spectateurs - Palais des Sports

Photos SUD OUEST

 


Compte-rendu
Au bout du suspense...

C’est donc au bout de la prolongation que l’Elan a réussi, avec coeur et courage plus que talent et maîtrise, a redevenir positif, c'est-à-dire compter plus de succès que d’échecs, à briser aussi la série des sept succès Strasbourgeois, ce qui n’est jamais un mince plaisir, et puis à reprendre la main face à cette équipe qui avait installé, à son profit, trop de bonnes habitudes au Palais…
Enfin, terminera-t-il, au plan national, invaincu ce maos de janvier qui l’aura vu aligner 4 succès de rang, une autre première…
Tant de belles satisfactions méritaient bien un effort de cinq minutes supplémentaires dans un match qui malgré l’ampleur du score (89-85) ne s’est jamais desserré, resta pris dans l’étau d’une tension palpable des deux côtés et qui annonçait bien avant l’heure sa difficulté à choisir un vainqueur…
Dès lors que durant le quatrième et dernier quart, les deux protagonistes se retrouvèrent 4 fois à égalité parfaite, que les 4 points d’avance que se ménagèrent tour à tour Béarnais et Alsaciens furent effacer en deux coups gagnants, on avait compris que ce match là irait à celui qui commettrait l’erreur de moins, qui fournirait le coup de collier en plus…
Car de surcroît, bien avant ces dix dernières minutes étouffantes, les deux équipes s’étaient rendues coup pour coup, regardées les yeux dans les yeux et bravées à grands coups de défenses alternées. Ainsi au premier assaut Strasbourgeois porté par la puissance de Marquis (26-32), l’Elan avait-il sèchement répondu par un 8-0 signé Ferchaud et Rupert, même si c’est Ricardo Greer qui avait été le plus en vue des béarnais en jouant les pompiers de service et en rappelant à ses ex-partenaires qu’il pouvait tourner à plus de 5 points de moyenne… Il en était à 14 au repos !
Fort de l’avantage repris, l’Elan arma une seconde tentative de décollage (48-40) mais Strasbourg lui renvoya un 11-2 (50-51) qui lui redonnait l’avantage. CC Harrison de deux coups de poignet soudain et lointains traduisaient toute la volonté de béarnais manifestant plus d’énergie que de fraîcheur et souffrant sans doute quelque peu des séquelles de cette grippe qui avait cloué la moitié de l’effectif au lit. C’est donc avec le cœur que l’Elan repoussait encore une fois Strasbourg (58-54) mais la fin de ce troisième quart était tout de même alsacien grâce aux drive de Nissim et Giffa qui les amenèrent 6 fois de rang sur la ligne des lancers et cette fois c’est l’Elan qui accusait le coup (60-66) sous l’effet d’une nouvelle poussée de fièvre de Marquis et Smith…
Ce même Marqui qui allait annuler sur deux rebonds offensifs le break que semblait avoir donné le triplé de Miles au buzzer (79-75) et moins de 9à secondes à courir… Harrison avait bien à 15 secondes de la fin de la balle de match à 81-81 mais Strasbourg utilisait son compteur fautes pour pousser les béarnais à la jouer sur moins de « secondes… L’arrière américain pressé par Eidson échouait…
Il fallait donc aller au bout du suspense… Et ne pas avoir soudain les mains moites quand bien même les jambes béarnais n’étaient plus en acier…Ni Greer, ni Johnsen ne tremblèrent sur la ligne de réparation où ils maintenaient Strasbourg sous pression (87-85)… Le premier qui fauterait aurait perdu , c’est Nissim qui deux fois échoua de loin et frustré il renvoyait d’Almeida sur la ligne des lancers à 9 secondes du final. Deux lancers du jeune meneur et l’Elan était à l’abri (89-85)…
Ce ne fut pas le meilleur match des béarnais, loin de leurs standards défensifs de Cholet, Clermont ou Chalon, mais ce n’était pas non plus le plus vilain des succès loin s’en faut…

 

 

Réactions
Gordon Herbert : « C’est une victoire importante à plusieurs égards. Puisque nous en avion un grand besoin pour ne pas perdre le contact au classement et puis aussi compte tenu de nos problèmes depuis le retour de Trévise. Plusieurs joueurs n étaient pas à cent pour cent ce soir. Egalement nous sortions d’une mauvaise prestation à Trévise et nous avions besoin de nous rassurer avant de recevoir Kaunas. Ce ne fut peut-être pas notre meilleur match défensif, pas non plus notre meilleur match défensif mais les garçons sont restés ensemble et ont beaucoup combattus. Ils ont mis beaucoup de coeur. »

Aaron Miles : « Je n’avais pas beaucoup de force dans les jambes et je n’étais pas seul dans ce cas… Il a fallu s’arracher mais on est resté solidaire et si on a donné beaucoup de choses faciles à Strasbourg on n’a jamais lâché. »

Xane d’Almeida : « On s’est fait peur plusieurs fois… On a eu l’occasion de faire des différences mais ils ont réagi en grande équipe chaque fois. A la fin on a mis beaucoup de cœur pour emporter la décision. C’était important car non seulement on confirme notre retour au classement et puis on stoppe la série de Strasbourg… C’est une bonne chose avant de recevoir Kaunas mais on doit se concentrer tout de suite sur ce match »

Ricardo Greer : « Strasbourg restait sur une série de 7 succès, il est qulifié pour les huitièmes de finale de la coup ULEB, ce n’est pas une petite équipe que nous avons battu. En plus nous avions pas mal de malades… On a donc combattu… C’était un match très spécial face à mon ancienne équipe et puis par rapport au match aller où nous avions été ridicules. La victoire nous fait passer positif pour la première fois en championnat… Maintenant le bonheur ne sera total tant qu’on n’aura pas battu Kaunas.»

Thierry Rupert : « Elle fait du bien cette victoire face à une équipe qui a justifié son standing actuel. On ne produit pas notre meilleur match mais l’important c’est que l’on passe à plus de succès que de défaites… »

Cédric Ferchaud : « On a assuré ce qui devait être assuré, même s’il n’y eut pas toujours la manière mais c’est aussi important de gagner des matches aussi tendus aussi intenses. Ca forge le caractère d’une équipe. Voilà c’est une victoire, il en faudra une autre puis une autre puis encore une autre… On connaît notre programme. »



(Gérard Bousarel-Christian Gout, 2006/2007)