Elan - Le Mans 73-65

Palais des Sports 5700 spectateurs


Photos Sud Ouest


Compte-rendu

Et Ricardo Greer mit le couvercle

Il ne restait plus qu’une minute et demi à jouer et Bokolo d’un lancer rapprochait le Mans à 4 points (67-63), c’est peu dire si la balle dont l’Elan héritait était de la plus haute importance dans ce final tendu
Les béarnais la jouèrent sur Michael Wright leur métronome, leur leader offensif et leur point de fixation une fois encore irréprochable. Mais les Mnaceaux avaient vu venir le coup et vinrent trapper sur l’intérieur américain l’obligeant à forcer son shoot que le cercle renvoya…
Surgit alors Ricardo Zorro Greer, que la rotation mancelle oublia, et sa claquette victorieuse envoya l’Elan au paradis d’un succès en championnat (69-63)… Le Mans n’avait plus le temps, ni les jambes ni l’adresse (0 sur 13 à 3 points) pour revenir à la charge…
Ricardo Zorro Greer, oui, l’homme est effectivement monté sur son grand cheval, a aussi coiffé son grand chapeau et enfin pris tout ce qui passait au dessus du cercle avec son lasso…
18 points, 16 rebonds, 5 passes, 7 fautes provoquées, 33 d’évaluation : Gordon Herbert, lui-même, pourtant grand défenseur de la philosophie de groupe, y est allé de son compliment personnel lors de la conférence de presse d’après match…
« Il nous a transmis toute son énergie » dira le coach de l’Elan à l’adresse de celui qui a ô combien contribué à renverser la bataille du rebond, bien mal engagée, et finalement remporté 43 à 24, un véritable massacre…
C’est aussi un grondement féroce du palais à la 13 ème minute qui mit le feu aux poudres. L’étourderie des béarnais qui substituèrent le tireur de lancer franc sur une anti- sportive de Bokolo se virent refuser les deux points et restaient donc à 12 longueurs des manceaux (14-26) sans que le public ne comprenne vraiment pourquoi…
Mais sur le fond, la domination des visiteurs restait des plus logiques puisque Gregory survolait le match et l’Elan était alors tout content de voir Wright lui répondre presque coup pour coup pour éviter le pire…
Un Wright tout aussi heureux de voir arriver à son secours le Zorro du jour, à eux deux les deux hommes firent monter l’Elan en régime et le 11-0 qui suivit et dans lequel ils prirent 9 points, remettait l’Elan sur la même ligne (28-28 , 37-37).
La mi-temps eut le très bon goût de ne couper aucune ardeur des béarnais et un brin de réussite en prime, deux triplés pourtant compliqués (Johnsen et Harrison) au buzzer propulsait l’Elan aux commandes (45-39) et même 57-451 puisque Zorro en remettait une couche toute personnelle, envoyant Johnsen au alley hoop.
De moins douze à plus douze, l’effort avait été violent qui obligeait Herbert ouvrir son banc sous peine de mettre son cinq dans le rouge… Un banc qui allait justifier toute la confiance du coach, Mahinmi notamment effectuant un second passage bien plus saignant que le premier. Et c’est avec un 100% de réussite durant 7 minutes que Rupert, Mahinmi, Ferchaud, D’Almeida , aux côté de l’inévitable Greer ne gâchèrent rien , l’Elan virant à la demi-heure à plus 8 (58-50).
L’affaire se présentait toujours aussi bien (62-50) lors de l’entame du sprint mais une anti-sportive contre Ferchaud coûtait le maximum et Le Mans y croyait de nouveau (64-58), d’autant que Nicevic profitait d’un temps de repos de Wright pour faire parler son talent (67-0, 67-62)… Le sommet des mal classés était de nouveau sous tension surtout lorsque derrière une balle perdue, Miles fautait et permettait à Bokolo de serrer encore davantage le planchot (67-63) …
La suite on la connaît Greer allait surgir, une fois de plus dans ce match qui valait à l’Elan de se réconcilier aussi avec le championnat…




Réactions...

Gordon Herbert : « On a eu de vraies difficultés pendant 12 à 15 minutes durant lesquelles Le Mans a véritablement dominé le match. Et puis dans le sillage de Ricardo Greer a été très présent sur tous les fronts, on a retrouvé notre énergie et c’est nous qui avons dominé le reste du match. Notre domination au rebond (43 à 29) est une statistique impressionnante et là encore Ricardo a été énorme… Le banc lui aussi a été très fier dans le troisième quart temps. Ferchaud, Rupert, Mahinmi et d’Almeida nous ont apporté de précieuses minutes au moment ou nous avions besoin de reposer les cinq titulaires qui avaient fourni un gros effort pour revenir de moins 12. On voit d’ailleurs que nous sommes fatigués, Le Mans aussi… Mais il était très important d’attaquer cette série de trois matches au palais par un succès. »

Thierry Rupert : « Celle là elle fait du bien… Au classement d’abord car on en avait impérativement besoin mais je crois qu’il y a eu aussi la manière. Toute l’équipe s’est battue et ne s’est jamais paniquée. Il ne faut cependant pas parler d’un déclic… On pourra en parler après deux trois succès consécutifs… »

Xane d’Almeida : « On n’était pas là jusque là en championnat et à force de dé… on s’était mis la pression et en fait on a attaqué ce match la peur au ventre… Avec beaucoup de cœur aussi et la réaction ne s’est pas faite attendre… On en avait tellement besoin. »

Ian, Mahinmi : « Nous étions derrière Le Mans, on les rejoint c’est un premier pas dont nous sommes satisfaits bien sûr. Nous avions préparé le match avec le même esprit qu’à Naples mais les intentions ne sont pas restées lettre morte. Il faut que ce soit simplement un début… »

Aaron Miles : « Plus on va aller et mieux on sera, une équipe ne se construit pas en si peu de temps… On devait démarrer un jour ou l’autre pour confirmer que nous ne sommes pas seulement focus sur l’Euroligue. Jusque là on progressait sans concrétiser ; cette victoire peut-être positive pour l’avenir. »

Michael Wright : « Ce fut un vrai grand match avec une intensité de tous les instants. A moins douze on a du faire un gros effort pour ne pas les laisser s’échapper. On a eu alors les vraies bonnes attitudes et on a repris le tempo du match en sachant le garder jusqu’au bout. C’est une victoire importante, nous savions tous que nous n’avions plus de joker. »


Vincent Collet : « On a très bien abordé le match. On savait que Pau serait prêt et qu’on ne jouerait pas le 12ème du classement… On a tenu nos objectif durant un gros quart d’heure et puis on a tout perdu entre la 17ème et la 25ème minute… Et à Pau, c’est rédhibitoire, on savait qu’une fois devant il ne lâcherait plus rien. On ne perd que 6 balles mais eux n’en perdent que 8, le rebond nous fait très mal aussi. Il aurait fallu un grain de folie mais avec un 0 sur 13 à trois points ça devenait difficile… Ils n’en mettent que 4 mais ils nous font tous très mal surtout ceux de Johnsen et Harrison au buzzer.
On revient bien à moins 4 mais là Ricardo Greer d’une claquette tue le match… »


(Gérard Bousarel-Christian Gout, 2006/2007)