Le Mans - Elan 63-80

Antarès; 6000 spectateurs



Compte-rendu

Quel bel Elan

On serait diabolique ou démoniaque qu’on en viendrait presqu’à souhaiter à l’Elan de vivre ainsi de blessures… C’est que l’absence du bien malheureux Hiram Fuller, a transcendé, survolté les béarnais au point que le sommet promis dans la Sarthe face à des manceaux jouant gros a tourné court et s’est soldé par un récital béarnais…
Une fois de plus serait-on tenté d’écrire puisqu’on évoquait, ici même, hier la liste des performances réalisées alors que le contexte s’annonçait des plus défavorables avec chaque fois un Elan handicapé…
Plus raisonnablement on peut et on doit voir à travers l’exploit béarnais la continuité du travail du groupe, un leïtmotiv cher à Didier Gadou, sur lequel se greffe assurément un surcroît de solidarité…
Et au final, cette première place, que l’on pouvait croire menacée du fait de ce nouveau gros coup dur, les béarnais, s’ils ne l’ont pas encore en poche s’en sont sacrément rapprochés… Il ne leur suffit plus que d’un succès mardi soir contre Paris pour qu’elle vienne conclure une saison régulière qui s’inscrirait alors comme l’une des belles glorieuses du club…
Et si certains n’ont pas fini de se gausser du moins 55 cumulés contre Strasbourg, on notera tout de même que l’Elan a fait coup double, domicile-extérieur, contre les quatre autres dauphins que sont Nancy, Villeurbanne, Gravelines et Le Mans donc depuis ce vendredi soir…
Un vendredi de gala, pour un match d’un accomplissement total, « un match comme en rêve souvent mais qui ne se produit que parfois » soulignera Didier Gadou soucieux avant tout autre projection de « conserver la belle image de cette équipe »…
Une belle image dont la trame se dessina dans le 10-0 initial puisque l’Elan n’était plus ces temps derniers le champion des entames…! Et sans doute pour mieux aller à l’essentiel de ce que fut, partant de là, la souveraineté de l’Elan, convient-il de revenir sur la seule tranche du match où il fut mis à mal et menacé…
Adresse parfaite, timing parfait, défense parfaite, l’Elan entra donc dans ce match avec une détermination qui n’avait d’égale que sa précision… Ruzic et ses coups de poignet n’ayant pas suffi à jouer les pompiers de service, ni à calmer les ardeurs d’un Varem bondissant, l’Elan se ménagea, au quart d’heure, son avantage maxi (34-22)…Dont il ne resta plus rien trois minutes plus tard : un trois points de Gregory au buzzer, un halley-hoop Amagou-Koffi, un ballon perdu une anti-sportive de Ruppert, un tir béarnais raté et une contre attaque de Grégroy : faites le compte l’Elan encaissait un 0-11. 34-33 : de là à mettre Antares en transe et les manceaux sur les rails il n’y avait qu’un pas à franchir surtout que la zone mancelle fleurissait… Mais sur cette zone justement , Cooper frappa deux fois à trois points juste avant le repos et l’Elan retrouvait son viatique (44-36).
Les manceaux venaient de manger leur pain blanc…Le troisième quart les cloua au pilori dès lors que l’intérieur était bouclé par le tandem Varem (quelle présence)-Alexander se jouant du duo Besok-Koffi dont l’Elan pouvait tant craindre et qu’il tint finalement en respect (33 à 34) avec l’éternel concours d’ Artur Drozdov bien entendu . Pas guère plus de solutions à l’extérieur ou Guice était soumis au régime le plus atroce : 0 points à la sortie. Il n’y eut que Ruzic, une fois encore pour donner l’impression que le Mans vivait encore, mais la défense de l’Elan était en place, elle n’allait concéder que 6 points à Ruzic et autant à tout le reste…6 points, c’est le capital que CC Harrison et Cooper apportèrent d’entrée à l’Elan pour un dégagement à 54-38 ! Il commençait à y avoir quelques agacements les gradins, ce n’était pas fini, l’Elan déroulait en finesse (Cooper, Foirest, Harrison) ou en puissance (dunk rageur de Varem) et appuyait là ou le Mans était donné archi favori, sous le cercle : 68-48 à la demi-heure… Il aurait fallu un cataclysme pour inverser la tendance mais le Mans en avait pris un trop gros coup sur la cafetière, pour relever la tête… Il aurait surtout fallu que l’Elan lève le pied ce dont il n’avait aucune envie. Il poursuivit défensivement sur le même rythme (27 points concédé en 20 minutes…) et comme Ruppert venait se mêler du scoring, la fessée guettait les locaux bientôt relégués à 23 longueurs (77-54)…
Et le fait est qu’avec 5 joueurs à plus de 10 points, 6 joueurs à plus de 10 d’évaluation, l’Elan s’était conduit en patron… Il avait été impressionnant, comme si les coups durs lui glissaient sur la peau…

 

Déclarations

Didier Gadou: "On peut parler de surprise... Mais cela n'en est jamais une pour les coaches... C'est du travail, et lorsqu'il y a le résultat au bout, c'est parfait! Je suis ravi de la réaction des garçons. C'était important de se libérer avant la fin de saison qui s'annonce difficile mais ce soir je veux rester sur la belle image de l'équipe".

Lonnie Cooper: "Ce ne fut pas un beau match, ce fut un Grand match!... On a répondu présent en défense et en attaque. C'est vraiment le match le plus accompli depuis longtemps".

Laurent Mopsus: "On a vu un Elan très très sérieux et très appliqué. Très lucide aussi. Et tout cela engendre une grosse performance!".

Demetrius Alexander: "Je crois que l'on a mis plus d'intensité qu'eux. Nous ne sommes pas venus ici en se disant on a perdu Hiram, nous sommes venus en nous disant que nous étions une équipe qui se doit de défendre sa première place".

Fred Fauthoux: " c'est une très belle victoire en vue dela pôle position. Ce soir, il faut apprécier mais ne nous enflammons pas, nous n'avons encore rien gagné".

Laurent Foirest: " Il y a la victoire, plus la manière. Autant de raisons d'être satisfait!... On a senti la concentration d'entrée, 10-0 apeès 3', ce n'est pas dans nos habitudes. Ensuite, on a su alterner le jeu et il faut tirer un grand coup de chapeau aux intérieurs, on a perdu le rebond d'une seule unité (34-33) et nous avons su étouffer les joueurs clés".

Pierre Seillant: "Ce que j'ai vu ce soir est très intéressant. Je m'attendais certes à ce que l'équipe se ressoude mais le résultat est quand même surprenant. Les intérieurs, les extérieurs, les meneurs, la défense, tout a été parfait. On marque notre territoire et on s'offre à nouveau un joker. L'idéal ce serait que mardi soir soit jour de fêtes de façon à aller à Reims "tranquillou" et que l'on commence à préparer les play-offs".


(Gérard Bousarel-Christian Gout, 2004/2005)