Elan - Le Havre: 81-65

Palais des Sports, 5000 spectateurs


Photos SUD OUEST




 


Compte-rendu La simplicité n’est plus de mise dans ce championnat ou, selon Didier Gadou, « chacun joue désormais quelque chose »… Et si le score final est sans bavure (81-65) la délivrance fut tardive face à des havrais mis sur orbite par ce diable de vétéran inusable que reste Pat Durham qui s’offrit tout de même 13 points en 10 minutes au prix d’un quatre sur cinq à trois points… Et si Hiram Fuller ne se fit pas prier pour lui donner la réplique (11 points), l’allure prise par la rencontre ne rentrait pas tout à fait dans les schémas qui guident l’Elan cette saison.
27-26 au premier virage, l’Elan comprit vite qu’il jouait à la vitesse à laquelle le souhaitait des Havrais prompts à dégainer et ma foi bien armés à l’intérieur.
Alors très vite les béarnais donnèrent un tour de vis à leur secteur défensif et les 13 points concédés lors des dix minutes suivantes nous ramenaient à un profil de match plus conforme à leurs principes. Sauf qu’offensivement, les normands et leur défense mixte posaient autant de problèmes à leurs rivaux qui découvraient soudain les effets de la panne sèche à l’image de CC Harrison et de Lonnie Cooper qui dès le repos cumulaient un maigre 1 sur 7 à trois points… La suite ne fit que confirmer le cauchemar de deux des cadres de l’Elan , Harrison attendant la dernière minute pour ouvrir son compteur personnel avec… deux lancers - franc et après 7 échecs derrière l’arc, tandis que le meneur passa le plus clair de son temps sur le banc.
L’Elan ne rendit donc que 12 unités à son rival qui virait les yeux dans les yeux au repos (39-39) et qui allait s’enhardir au points de faire la course en tête, ou presque lors du troisième quart. Mahinmi bon au relais d’Edwards, le rebond de l’Elan souffrait des deux côtés du terrain et ne pris qu’à deux reprises les commandes 46-44 puis au buzzer sur un tir de Rupert (57-56)…
On ne donnait donc pas dans la facilité et le désarroi de CC Harrison éclatait sur cette hésitation à prendre un tir ouvert… Alexander en proie aux fautes eut alors le bon goût de réussir deux shoots limpides du poste qui libérèrent enfin le score (63-56) le problème c’est que dans la foulée il était éliminé…
Plutôt que de forcer les choses, Didier Gadou s’appuya alors farouchement sur la profondeur de son banc et lança un cinq sans le moindre US (Fauthoux, Foirest, Drozdvov, Rupert et Gadou). C’est à ce cinq là qu’il confia le soin de dresser les barricades défensives et il s’en acquitta à merveille, les havrais peinant cette fois à trouver le chemin du cercle. L’Elan lui plus patient et alternant beaucoup plus son jeu ne gâcha plus grand-chose et au retour de Fuller l’essentiel était préservé : 67-59.
Fuller confirmant sa bonne sortie manoeuvrait avec autorité et à 3’14’’ du terme il offrait enfin le ballon d’oxygène dont l’Elan avait besoin : 73-63 !
L’Elan n’allait plus trembler, mieux il allait s’offrir un final de luxe rendant sans doute, aux yeux des havrais, la digestion difficile… Une fixation de Fuller pour une passe lumineuse à Drozdov et l’ukrainien balançait un trois points net et sans bavure. Une pénétration de CC Harrison pour une seconde passe à l’opposé au même Drozdov pour la même sanction et le score enflait rapidement (79-65), en même temps que le pourcentage à trois points des béarnais remontait un tant soit peu tout en restant bien loin des habitudes de ces dernières semaines (23%)… Harrison ne resterait pas fanny, il clôturait la marque (81-65)… Et tout était bien qui finissait bien.
Reste que les Havrais n’avaient plus marquer que 39 points en 30 minutes contre les 26 des dix premières. La défense restait bien l’argument le plus fiable de l’Elan…

 

Déclarations
Didier Gadou : « Notre mérite a été de pouvoir et savoir rectifier le tir… On est parti en voulant jouer sur leur rythme de shoots et ils ont eu une adresse infernale… 27 points encaissés en un quart temps ce n’est pas rien. On a vu aussi qu’ils n’avaient pas un basket facile à déjouer, qu’ils avaient bien préparés leur coup.
Malgré ça on se retrouve sur notre cohésion défensive et notre patience offensive. On sortait de trois matches ou on avait été très adroit, ce soir on est maladroit et on va quand même chercher la victoire, c’est une satisfaction. Plus on avance et plus les matches deviennent difficiles. Tout le monde joue quelque chose, Le Havre est 9ème mais à la porte de la huitième place. »

Demetrius Alexander : « J’avais vu depuis le banc que le championnat était d’un bon niveau. J’en ai eu la confirmation. Personnellement je dois prendre des repères avec mes équipiers mais aussi par rapport à l’arbitrage qui m’a surpris. L’essentiel est que l’équipe ait gagné. »

Fred Fauthoux : « Au-delà de la victoire, la satisfaction vient de l’état d’esprit du groupe. Ce soir chacun a apporté son écot et notre profondeur de banc a fini par les user. Leur défense match up avec changement systématique sur tous les écrans nous a gênés dès lors qu’on a voulu jouer trop direct. Dès qu’on a été patient c’était beaucoup mieux. »

CC Harrison : « On a marqué 81 points donc l’équipe n’avait pas besoin de mes points ce soir…(rires) ! On fait un bon match avec une défense qui se retrouve encore une fois et de toute façon on n’a plus de question à se poser mais on doit foncer vers la première place. »

Laurent Foirest : « On a été le dos au mur parce que leur défense nous a posé des problèmes. La clé c’était la défense on concède 39 points en trois quart temps c’est dire qu’on a mis les verrous. »



(Gérard Bousarel-Christian Gout, 2004/2005)