JDAD - Elan 89-80

4600 spectateurs



Comment donc les Béarnais ont-ils pu un instant penser que le succès se dessinerait sur des bases autres que celles qui ont fait d’eux les solides leaders de la Pro A ? Comment ont-ils pu se laisser griser au point d’en oublier de respecter leurs principes défensifs et accepter de jouer avec Dijon bien davantage que contre… ?
Sûr que le premier quart temps leur alla comme un gant. Porté par la diabolique adresse du tandem Harrison –Drozdov (22 des 28 premiers points), l’Elan put s’imaginer en état de grâce et parti pour faire bombance sur le dos d’un rival incapable de le suivre. Et c’est cette euphorie qui sema en fait les graines d’un douloureux épilogue…
Car pour être d’une efficacité terrifiante, l’Elan ne lâcha jamais son rival dont le retard maximum culmina à 6 points (31-25) ce qui restait tout sauf un gouffre… Et puis, l’adresse lointaine de ses deux pourvoyeurs principaux, cachait mal la dure réalité du secteur intérieur que l’Elan oubliait un peu trop systématiquement à moins que Dijon, comme prévu, n’y est appuyé plus que de coutume… Il était en effet inquiétant, malgré les apparences, de voir les bourguignons continuer à sauvegarder leur petit périmètre alors que l’Elan avait su renvoyer sur le banc et Bennett et Lux (2 fautes chacun) avant la fin des dix premières minutes… Vato et Monnet au relais continuèrent à repousser l’Elan qui, comme de bien entendu, allait progressivement assister à la chute de son pourcentage d’adresse… On passa ainsi d’un 3 sur 4 derrière l’arc au premier quart à un 0 sur 5 dans le second… Mais l’attaque n’était pas le problème majeur des béarnais, quand bien même Fuller attendit la 34ème minute pour ouvrir son compteur personnel avec… deux lancers-franc, Rupert ne l’ayant alors devancer que d’un panier!
Non, c’est défensivement que l’édifice ne trouva jamais la stabilité nécessaire à refroidir la fougue adverse et les 44 points concédés au repos inquiétaient bien davantage que le retard pris au tableau d’affichage (42-44)…On était là sur des bases qui régalaient Dijon dont l’enthousiasme, c’était prévisible, et l’ardeur au combat s’ajoutaient aux qualités du jeu rapide. « On n’a pas su les arrêter. On était venu avec des intentions défensives on s’est focalisé sur l’aspect offensif » conclura Didier Gadou fort déçu de cette sortie de route des siens…
Et à poursuivre sur cette philosophie suicidaire, L’Elan s’exposa bien évidemment aux coups de bâton d’une équipe trouvant en Baxter d’abord, Bouziane ensuite les hommes qui mirent le palais des sports en liesse… Le rebond n’ayant pas présenté de solides garantis, Dijon inversa naturellement le cours du match et vira à plus 11 (66-55) à la demi-heure avant d’en mettre un gros coup sur la tête de l’Elan lorsque Bouziane prit feu (74-57)… Le leader chancelait alors et Varem était l’un des rares à ne pas boire la tasse. Il se remit vite de ce K.O et revint à 74-83 et deux lancers à suivre, mais Fauthoux les manqua tous deux et juste derrière Sciarra balança un trois points qui scellait la défaite de l’Elan (74-86), un Elan qui pleurait aussi sur les lancers égarés (54%), mais qui ne devait regretter qu’une seule chose en réalité… Avoir oublié que pour gagner à l’extérieur, il était présomptueux de concéder 89 points. Et dire qu’il ne semblait pas y avoir mieux placé que lui pour le savoir…



(Gérard Bousarel-Christian Gout, 2004/2005)