Chalon - Elan 83-87

4500 spectateurs



Compte-rendu

L'Elan à la cravache

CC Harrison, le convalescent utilisé, comme prévu, avec parcimonie par Didier Gadou a été l’auteur d’un panier décisif à 35 secondes de la fin… Panier qui donnait à l’Elan son second avantage de la soirée (83-81), le premier remontant au milieu du second quart temps (37-36). Panier, en outre, décoché juste avant le buzzer de la fin de possession et dans une position plus acrobatique qu’académique…
Hiram Fuller, l’intérieur en pleine santé aura fait sauter la banque. 31 points dont 21 avant la pause, quand l’Elan en eut un pressant besoin, 8 rebonds pour une évaluation de 36, c’est ce qui s’appelle un match de mammouth, encore plus si l’on tient compte de ce que le jeune homme, encore un peu trop enthousiaste et joueur a passé le troisième quart sur le banc à méditer sur la bêtise de commettre deux fautes en deux actions….
Laurent Foirest a livré son match le plus accompli et de loin. Non seulement au niveau des chiffres, mais surtout de l’investissement. Les cannes solides le père Foirest a avancé, en drive, provoqué, fixé, décalé. Et son coup de poignet s’affine au fil des sorties…
Jeff Varem a été bien inspiré de jouer les pompiers de service quand, dans la fournaise de la dernière minute, il est venu de sa puissance, c’est tout dire, arracher un rebond qui valait de l’or. Mieux sur l’action d’après qui était, celle de la dernière chance chalonnaise, il vint piquer la balle dans les bras de Lee, laissant à l’Elan l’avantage dont on a parlé (83-81) et plus que 17 secondes à courir…
Il y a eu tout ça et plein d’autres (bonnes) choses encore. C’est vous dire peu ou prou, que Chalon a fait un bon match, très bon même, porté par ses qualités d’adresse et sa rage de vaincre celle que John Best avait annoncé le matin même dans la presse… Le capitaine de l’Elan Chalon, ayant clairement affirmé qu’il devait se faire pardonner de ne pas disputer le prochain match à l’Asvel en raison d’une suspension…
Et s’il n’y est pas parvenu, ce n’est pas faute d’avoir tout donné lui aussi, d’avoir mis les siens sur le rail. Car, il ne faudra pas s’étonner si vu du côté Chalon, le succès de l’Elan Béarnais relève quelque peu du hold-up… On l’a dit en 39 minutes et 25 secondes il n’avait pointé qu’une seule fois en tête et avait obtenu quatre égalités à 51, 54, 79 et 81…
Tout les reste avait été avantage Chalon. Notamment l’entame du match , celle qui fit craindre que l’Elan ne commette la même bourde qu’à Roanne… Non content de concéder 29 points en 10 minutes, l’Elan avait été proprement renvoyé dans les cordes à 12-26 (8ème) et ne tenait que par Fuller ou presque… Vertement rappelés à leurs devoirs défensifs, les béarnais affichèrent du mieux rapidement, ce qui n’était pas du luxe et revinrent dans le match à 30-32 déjà… Mais Chalon restait d’une adresse quelque peu exceptionnelle (58% à la pause) et conservait suffisamment de méthode pour mener le bal. Il mènera jusqu’au bout ou presque…
Sauf que ce hold- up là, il se dessina quelque pu dès lors que l’Elan ne lâcha plus de lest d’une part et que progressivement c’est lui qui mit la pression sur son adversaire. Pression défensive s’entend. Et telle le fauve qui guette longtemps sa proie pour mieux la croquer, l’Elan se tint en embuscade, jamais très loin, et il profita du meilleur moment qui soit pour bondir. On jouait la 34 ème minute et le ton était monté au point que six attaques soient restées lettre morte des deux côtés… Sur deux ballons gagnés, l’Elan s’offrit un 6-0 qui le ramenait pour la troisième fois à hauteur de son rival (79-79, 37ème)… Ce n’était pas gagné mais c’était bien redressé, surtout l’euphorie chalonnaise avait-elle été progressivement maté.
Les 34 points concédés après le repos n’avaient-ils pas redonné à l’Elan tout son crédit défensif… Sauf que face à un bon Chalon (51%, 10 balles perdues, 89 d’évaluation) et après un si mauvais départ, le succès se fit désirer… Et qu’il fallut un très bon Elan, à l’image de CC Harrison , le convalescent, Fuller, Foirest Fuller, et les autres tant l’affaire nécessita toutes les énergies… Qui s’en plaindra ?

 

Déclarations

Didier Gadou: "Il fallait être fort pour gagner ici ce soir. On l'a fait avec des qualités que nous avions déjà montrées mais en dents de scie. Ce soir, on gagne dans la constance. Nous sommes longtemps restés derrière car Chalon a très bien joué, mais dans les moments importants, nous avons été moins fébriles qu'eux. On prend un mauvais départ, mais on a inversé la tendance du match en prenant 27 puis 20 puis 18 puis 16 pts par 1/4 temps. On a donc corrigé ce qui n'allait pas, notamment leur pourcentage d'adresse. C'est une belle performance collective".

Fred Fauthoux: "Plus on approche de la fin, et plus les victoires à l'extérieur fleurent bon!... Surtout ici ou la salle est difficile. Nous aurions pu baisser les bras à plusieurs reprises mais nous nous sommes toujours révoltés. On prend confiance dans notre jeu et c'est intéressant".

Laurent Foirest: " On a eu beaucoup de mal à démarrer. On a longtemps couru après le score mais l'équipe s'est recentrée patiemment sur son jeu collectif. Dans une salle difficile où nous n'avions pas grand chose pour nous, c'est un bon test réussi".

CC Harrison: "J'étais bien! Et je suis encore mieux avec la victoire. Ce fut un combat durant 40 minutes, on démarre très mal mais un match ne se mesure pas à la manière dont vous démarrez... C'est bien plus important de mieux finir!".

Hiram Fuller: "Je prends juste le timing de l'équipe. J'ai encore quelques petits réglages à faire en défense mais offensivement tout va bien et avec les ballons que j'ai reçus, j'aurais été ingrat de ne pas les mettre dedans!... C'est vraiment une belle victoire car tout le monde me disait que Chalon avait une salle difficile".


(Gérard Bousarel-Christian Gout, 2004/2005)