Nancy - Elan: 62-69

Gentilly - 6000 spectateurs



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Compte-rendu

Un parfum d'exploit

Sèchement, c’est à dire comptablement c’est ce qui s’appelle une bonne journée… Gagner à Nancy le jour, ou le lendemain, des défaites du Mans (chez lui), de Strasbourg (chez lui), de Villeurbanne, voire de Roanne et du Havre, c’est réussir un coup mathématique.
Des neuf premiers, il n’y a donc que Bourg et Gravelines qui n’ont pas perdu de terrain sur l’Elan… Ce n’était pas inscrit dans la logique des choses. Car pour parler clair, c’est bel et bien l’Elan qui risquait le plus au cours de cette journée de muerte. Parce que Nancy est tout de même, à Gentilly, ce qui se fait de mieux dans l’hexagone, parce que l’Elan y arrivait meurtri par le forfait de Brooks Sales et celui de Cissé (entorse de la cheville).
Sportivement, ce succès en Lorraine a d’autres arômes. Il entérine, pour la troisième fois, la faculté de réaction de ces béarnais à se relever de leurs déboires européens, et on le répète, ce coup ci dans des conditions particulières…Il confirme l’art, désormais consommé, avec lequel Didier Gadou fait se brûler les ailes aux attaques les plus prolixes. En demeurant dans la moyenne qu’elle autorise à ses rivaux (62 contre 64,4) sa défense vient de mater la meilleure du championnat.
Et puis, il possède cette épice, si savoureuse en basket, le suspense. Car les béarnais n’ont pas été insolents, ils n’ont pas que promener leur superbe pour parvenir à leurs fins… Ils ont même poussé un grand ouf de soulagement lorsque TJ Lux est venu jeter un peu d’eau sur le feu qui avait pris. Le quatrième quart temps avait repris depuis 4 longues minutes et elles avaient été blanches : 11-0…Le bol d’air accordé (57-51) ne dure cependant pas, Nancy frappe deux fois encore et à plus de 2 minutes du trille, le SLUC ragaillardi est sur les talons de l’Elan (57-55).
On est loin de ce départ canon des béarnais (9-0, 14-5), de ces deux uniques paniers concédés en 10 minutes, de ce second quart négocié au mieux (26 pts concédés au repos) et encore plus de ce troisième quart où l’Elan retrouve l’adresse qui lui manqua mercredi soir derrière l’arc.
Harrison, Cooper, Drozdov qui ne gâchent rien, un secteur intérieur qui tient le choc en multipliant les trappes sur Mc Clintock, Julian ou Badiane, une défense qui alterne la zone et la « men - men », bref tout roule et Nancy déjoue. D’autant que le ballon va aussi dessous et que Lux capitalise. 51-34, 55-38 il n’y aurait presque plus de match
Mais l’Elan s’est tellement dépouillé, tellement donné que les dix dernière minutes promettent d’être aussi longues que les jambes sont lourdes.
A 57-55, la menace plane de voir le combat cesser faute de combattants mais quand Didier Gadou fait le pari de relancer Fred Fauthoux et Thierry Rupert en lieu et place de CC Harrison, rincé, et TJ Lux (guère mieux), il joue sur la solidarité et la complémentarité de son groupe. Bien vu, Rupert et Cooper frappent deux fois 61-55. Et si Zanviéni remet Nancy dans le coup, c’est bien Fred Fauthoux, qui à 46 secondes de la fin, d’un tir primé ligne de fond, va scellé le sort de ce match : 64-57 !
L’Elan avait gagné en souffrant. Ce qui ne faisait que le grandir… Dider Gadou parlera d’un petit exploit…

Déclarations

Didier Gadou : « Sincèrement c’est un petit exploit que de gagner ici. Nancy avait une opportunité énorme de recoller au wagon de tête, et nous on savait dans quelles circonstances on venait. La clé ce fut notre cohésion défensive et l’investissement de chacun. On a eu une réactivité quasi constante. Oui on se fait peur à la fin, sur la montée en pression de Nancy… Mais nous sommes à l’extérieur dans une salle pas facile, contre une équipe qui a une super ossature. On a eu alors un moment de flotting qui nous fait mal aux dents, mais on avait fait pareil lors du troisième quart temps, et Nancy ne croyait plus revoir le jour. Peut-être aussi qu’ils ont laissé beaucoup de gomme pour revenir et nous on a compensé sans jamais paniquer. »

CC Harrison : « C’est réellement une grande satisfaction. On savait Nancy costaud, mais nous sommes restés concentrés même lorsqu’ils ont eu un passage de folie. On savait que ça allait revenir, car on ne prenait pas l’eau sur des erreurs mais sur leur euphorie et sur leur énergie. »

Freddy Fauthoux : « Vu les résultats de la veille on ne peut pas dire que l’on ne fait pas une bonne affaire. On est venu avec nos armes et on a su s’adapter à toutes les situations. Il faut s’en servir pour continuer à avancer. Mon panier à trois points de la fin : il nous fait du bien et à moi beaucoup… »

Thierry Gadou : « J’ai le sentiment de me répéter mais c’est dans la logique du travail que l’on fournit depuis la préparation. Aujourd’hui on montre de belles choses dans le domaine de la lucidité et on garde la tête froide, même dans la tempête. Et puis tous ceux qui ont joué ont apporté un écot à la défense, y compris ceux qui étaient en dedans jusque là . C’est la marque des grandes équipes que de compter sur tout le monde. Bien sûr il y a un mauvais moment, Nancy presse et nous on se troue dessous, mais le résultat est là on les contrôle à 60 points. En basket on le sait on ne peut pas tout arrêter. »

Artur Drozdov : « On est bien entré dans le match et on a refroidi l’ambiance de la salle. C’était l’une des clés. Ensuite on a pu encore une fois s’appuyer sur une défense qui leur a posé des problèmes y compris dessous où l’on pensait être dominés. On subit le dernier quart temps mais on s’était donné trop de confiance auparavant pour lâcher complètement. On est content du travail fourni. »



(Gérard Bousarel-Christian Gout, 2004/2005)