Gravelines - Elan : 68-79

Sportica, 15h, en direct sur TPS



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Compte-rendu

C’est tout l’édifice qui menaçait de s’effondrer… L’édifice défensif que l’Elan avait savamment construit et qui en fait une forteresse. 28 points au bout de dix minutes, Gravelines et son diable de Tyson Wheeler (17 points au repos et 4 sur 4 à trois points), son infernal duo d’intérieurs, Jonhson-Turner, avait placé la barre très haut, ne gâchant rien ou presque… 28 multiplié par 4, imaginez la gifle , le renvoi dans ses 22 de la barricade béarnaise…
Trois quart temps plus tard, Gravelines en chaussettes, Gravelines usé, émoussé, dépenaillé, n’a rajouté que 40 petits points dans son escarcelle et Wheeler n’a pas survécu à la tenaille CC Harrison –D’Almeida. Un seul petit lancer de plus pour le meneur du Nord avant l’anecdotique triplé final…
Et voilà comment l’Elan conserve son label, sa marque de fabrique, son identité nouvelle.
A l’origine, il y a d’abord le sang froid d’un Elan qui menace de rompre (23-13) mais ne rompt pas justement. Il a seulement monté sa défense très haut, jusque dans le camp adverse et à partir de là il a commencé à sérieusement contrarié les Gravelinois. L’envol stoppé (28-24), l’Elan s’enhardit et sur un nième ballon volé, Thierry Rupert s’en va d’un panier facile les mettre en tête pour la première fois (36-35). C’est avec des coups d’audace, Xane d’Almeida mais aussi Souarata Cissé dont il sait la valeur des « cannes » en défense que coach Gadou a réussi son plan repli défensif. Et l’Elan aurait encore viré en tête sans un dernier coup de folie de Wheeler au buzzer. Le dernier coup de folie en fait…
Car dans les vestiaires les béarnais sont partis rechercher leur bases défensives… Les 45 points pris, même s’ils ont été rendus comptant, ne sont pas du genre de la maison !
Et c’est un autre match qui recommence. Avec un 8-0 initial qui porte un premier coup à l’ambiance du Sportica. Suivi d’un 15-2 qui douche carrément les « Irréductibles », puis d’un 19-4 qui fait mal aux si brillants « Loups de mer».
Est-ce à l’idée de retrouver son pote de Téramo ? Ne serait-ce pas plutôt que sa contusion au nez, sa béquille à la cuisse, sa déchirure au coude commencent à se résorber ? Toujours est-il que Brooks Sales va peu à peu s’installer en maître dans la raquette obligeant Turner à ressortir les ballons plus souvent qu’à son tour… 21 points, 8 rebonds, 31 d’évaluation, le pivot a retrouvé ses mêmes aises qu’à Belgrade et le jeu intérieur de l’Elan va prendre une dimension que Gravelines supporte de moins en moins…64-49 au plus fort de l’étau défensif béarnais c’est plutôt bien parti, plus exactement c’est un retour de main de maître aux affaires…
Des 28 points initiaux, il en reste cette fois 10 et si Gravelines va encore rugir à l’entame du dernier acte (72-63) ce sera par le seul Kevin Jonhson dernier survivant de l’essorage auquel sont passés tous les autres, obligeant même Courcier à ouvrir son banc…De 55 à 63 c’est Jonhson contre L’Elan et c’est trop peu face au tandem Sales-Harrison, trop eu face à la défense de l’Elan, celle qui fait sortir des joueurs de leur stats dès lors que le sacrifice n’y est pas pris en compte…
Deux réussites de Sales, dont une bonifiée, plus loin le match a vécu (79-65)…
Non, Gravelines ne fera pas mieux que ses devanciers sur le plan offensif, non Gravelines ne préservera pas son invincibilité au Sportica… Ce qui n’était pas affiché, ni de par la qualité de l’adversaire, ni après le coup de massue de Madrid.
Et ce fut finalement un beau samedi dans le Nord… Avec en mémoire cette phrase du coach, datant de la veille : « Avec le match de Madrid on passe à peu près partout en France, pas en Europe… ».

 

Déclarations

Didier Gadou:" Venir gagner ici après le coup de massue du Real, cela prouve que l'équipe a du caractère. Nous nous sommes appuyés sur des valeurs défensives malgré les 45 points encaissés à la pause. Les joueurs ont montré que le Real, c'était un accident. Et nos jeunes ont fait le travail. On savait qu'ils allaient essayer de nous mettre le feu d'entrée, il a fallu gérer les 23 pts du premier 1/4 temps, mais la valeur collective a été la plus forte. Dès qu'on a pressé très haut, on les a fait déjouer et ils se sont usés".

Lonnie Cooper:"Il était important de ne pas paniquer et de surtout pas les laisser s'envoler. A partir de là, nous avons gardé notre rythme et on a réussi à contenir Wheeler. On avait 40 minutes dans les jambes, le score le dit lui-même: 45 points encaissés à la mi-temps, 68 au final".

Xane d'Almeida: "Wheeler est un phénomène. Il aurait pu nous écoeurer dès le premier 1/4 temps, mais on a baissé ni la tête ni les bras et on l'a usé. Il a payé cash en 2ème mi-temps alors que nous mettions le booster".

Artur Drozdov: "C'est superde gagner ici bien sûr. Il n'y a pas de secret, dès que la défense se met en route, elle fait mal, et en durcissant sur leurs arrières, on vole quelques ballons, et on a aussi pu s'appuyer sur un jeu intérieur performant.Je crois qu'il n'y a pas photo sur la victoire".


(Gérard Bousarel-Christian Gout, 2004/2005)