Elan - Asvel 81-78 AP

Palais des Sports, 5900 spectateurs

Boris Diaw-Riffiod acclamé au palais!


Photos SUD OUEST






Stats LNB


Compte-rendu

Mire Chatman n’est décidemment pas un jouer comme les autres… A la rue, comme à Cholet, au niveau de l’adresse, l’américain enrageait sans doute vertement de voir Lyday porter l’ASVEL avec une réussite quasi exceptionnelle et parfois magique…
Magique comme le panier de King qui envoya le match en prolongation, la fusée décochée sur la tête pourtant haute de pétro faisant mouche et portant à 45% le taux à trois points des visiteurs quand l’Elan avait attendu 32’10’’ pour ouvrir son compteur dans le même exercice, Artur Drozdov réussissant enfin dans l’angle à la 12ème tentative au-delà de l’arc…
C’est dire que pour faire, malgré tout, la course en tête depuis la 13ème minute et réussir le tour de force de mettre les vert visiteurs à 10 longueurs (51-41, 28ème), l’Elan avait dépensé des tonnes d’énergie dans un autre domaine, celui de la solidarité, dira haut et fort, fier des siens Didier Gadou.
Et c’est sans doute vrai que c’est surtout pour avoir contenu la si brillante division offensive villeurbannaise à 78 points en 45 minutes que l’Elan est allé chercher un succès de qualité. 52 points de la traction arrière de l’ASVEL (Liday, King Dioumassi) disent bien combien l’intérieur ressemblait à une forteresse dont Besok ne s’échapperait jamais ((2 sur 10) et Pellé (2 sur 7) pas davantage… L’Elan a dominé la bataille des hauts fourneaux (45 rebonds à 38) et c’est ce qui lui valut aussi de vivre devant au score en dépît de ses carences offensives, celles-ci découlant sans doute aussi de l’intensité laissée sous son propre panier.
L’ASVEL et ses artistes recolla donc peu à peu malgré les efforts d’un Marcelic qui retrouva la patte au bon moment (11 de ses 13 points après le repos et à 100% ) et il effaça à lui seul le 53-53 pour redonner de l’air à un Elan qui en manquait (63-57)…
Le final s’intensifia avec un nouveau rapproché adverse à 67-66 mais le match parut gagner malgré un lancer raté de Foirest qui redonnait 3 points à l’Elan (70-67) avant que la dernière possession ne soit verte.
King égalisa on le sait ce qui mit Gadou en fureur lui qui avait ordonné faute.
L’Elan accusa le coup qui attaqua la prolongation en laissant l’ASVEL marquer la première ce qui est, dit-on un signe, et mener 72-70, puis 74-72…
Mais l’Elan avait trop donné pour lâcher le morceau et ce que Nwosu, souffrant au lancer franc (1 sur 4), ne put réussir, Chatman allait l’offrir aux siens venant poser la cerise sur un gâteau dont l’ensemble avait modelé la pâte…
Premier acte : une astucieuse mimine pour enlever la balle des mains de Ruzic que Lyday a envoyé au lay-up du 76-73 et 2’15’’ à jouer… Contre attaque de l’Elan !
Deuxième acte : un panier à trois points (76-73) denrée d’autant plus saluée par le palais qu’elle était chère en ce dimanche et l’Elan reprenait le leadership (76-74).
Troisième acte : Sangaré pressé perd la balle et faute sur son défenseur qui s’en va vers la ligne des lancers quand Erman Kunter protestant trop violemment sur la sanction écopait d’une technique…
Un lancer de Chatman plus deux de Foirest plus la balle au centre du terrain et c’est avec un plus 5 de derrière les fagots que l’Elan entamait la dernière minute (79-74).
Cette fois l’ASVEL ne reviendrait plus, l’Elan enlevait le choc en ayant mis les mains dans le cambouis pendant 40 minutes et en trouvant trois fois Chatman pour protéger cet effort de tous, car c’est bien ce que retenait le staff de l’Elan au sortir d’un match âpre, l’effort de tous…


Déclarations

Didier Gadou : « Nous sommes dans un objectif précis, celui d’aligner un maximum de succès… Je retiens donc que nous remplissons l’objectif et ce face à une équipe revancharde qui devant la télé était venue chercher la victoire histoire d’effacer ses deux derniers échecs et de se réaffirmer comme l’équipe forte de ce championnat.
On gagne grâce à notre solidarité défensive même si nous ne sommes pas au top offensivement et si nous n’avons pas su gérer des moments clés comme à plus 10. mais cela reste une vraie perf. C’est quand même une équipe qui revient de loin qui bat un candidat à la première place…
Un seul mot d’ordre : gardons cette conscience et cette application à bien faire les choses que nous préparons. La défense a tenu le choc avec beaucoup d’implication et d’abnégation, même les rotations sur un temps de jeu court sont importantes et chacun l’a compris. On ne prend que 78 points en 45 minutes face à la meilleure attaque du championnat ce n’est pas rien… »

Laurent Foirest : « Ce fut un match plein avec de grosses défenses de part et d’autre. Ce qui fait qu’on a été moins brillant en attaque. On a aussi quelques passages difficiles qui leur permettent de revenir mais il y a une belle victoire à la clé et dans l’optique du play-off c’est important. Finira-t-on 4ème ou 5ème le débat est ouvert…(rire)

Mire Chatman : « Quand l’équipe gagne c’est que quelque part elle a fait un bon boulot… Ce soir c’est en défense que tout le monde s’est arraché. On a vraiment joué ensemble et si on a semblé en prendre un coup sur la tête en allant en prolongations on s’est vite retroussé les manches . c’est un match ou il y avait beaucoup de pression du résultat même si ça ne changera pas grand-chose sur le fond, on sentait qu’il y avait des messages à envoyer…Je sais que l’ASVEL était venue très remontée… »

Johan Pétro : « Notre maladresse n’est pas excusable mais elle est sans doute aussi la conséquence de l’intensité défensive qu’il y a eu en défense. Chaque équipe était très motivée et celui qui gagne a raison… La victoire était notre objectif, elle est au bout… »

Artur Drozdov : « A plus 10 on doit appuyer mais là on a un peu le coup de barre et ils rentrent des paniers de magiciens. On a sur se re-concentrer pour repartir de plus belle et ça ce n’est pas anodin car on a bien senti qu’en arrachant les prolongations l’ASVEL était persuadée d’avoir retourné la philosophie du match qui nous donnait gagnat car on fait quand même la course en tête…


(Gérard Bousarel-Christian Gout, 2004/2005)