Chalon - Elan 84-77

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Déclarations

Didier Gadou: "C'est le genre de match qui laisse un double sentiment: d'une part un sentiment d'amertume avec la défaite, d'autre part l'espoir, compte-tenu de la performance collective. J'ai le sentiment que l'on se bat tout seul même s'ils sont euphoriques à 3pts (13/24). Cela dit, le groupe souffre de trop de changements en ce moment, et cela engendre des difficultés dans l'organisation. Xane d'Almeida fait la preuve de son aptitude à élever son niveau de jeu, mais pour la deuxième fois, nous ne faisons que 14 PD alors que nous étions premiers en ce domaine, et on perd 17 ballons, preuve aussi de la qualité de la pression mise par nos adversaires ce soir, mais aussi d'un manque de lucidité de notre côté... Défensivement, nous avons fermé la zone contrairement au match aller (Chalon a shooté à 45% à l'intérieur), ce qui a été positif, mais malheureusement, ils nous ont mis la grèle à 3 pts...".

 

A quelque chose malheur est bon dit-on… C’est ce que se dit aussi Xane d’Almeida, le jeune meneur palois de 22 ans, produit exclusif de la formation locale puisque, parti des benjamins de l’US Pau-NE, il franchit tous les échelons de catégorie d’âge pour décrocher, l’été dernier, un contrat pro via le centre de formation de l’Elan…
Mire Chatman et Freddy Fauthoux out, il est monté au créneau et si ses apparitions avaient jusque là laissé apparaître de solides qualités de chien de garde, il y avait un grand pas à franchir pour affirmer qu’il aurait le volume suffisant à diriger la manœuvre.
Mais son bonheur est tout de même voilé. Il aurait cédé volontiers quelques minutes de temps de jeu pour une victoire supplémentaire au crédit des siens…
Victoire à laquelle il a cru longtemps mardi soir à Chalon quand dans le Colisée en feu son panier à trois points plein d’autorité continua à faire douter les hommes de Beugnot…

Il n’a pas manqué grand-chose à l’Elan pour causer une surprise ?
-« Non, on est bien rentré dans le match, avec beaucoup de solidarité et d’énergie. On les a surpris je crois et même quand ils ont élevé leur niveau défensif dans le second quart temps on n’a pas pris d’éclat. On est resté au contact. Mais ils ont eu une réussite diabolique çà trois points. Malgré ça le match se joue à peu de choses. »

Quelle différence entre l’Elan de Hyères-Toulon et celui de Chalon ?
-« Très honnêtement cette vague de blessure qui perturbe le groupe journée après journée pèse sur le moral… C’est dur à vivre pour tout le monde. Autant à Chalon, il y a eu une réaction collective et une envie de bien faire malgré les pépins, autant le samedi à Hyères, le forfait de Freddy la veille du match a pesé de tout son poids. Un doute général s’est installé. Comme si toute cette poisse conjuguée avait fini par peser trop lourd… »

En même temps ça t’as permis de saisir ta chance et tu l’as plutôt bien saisie ?
-Oui j’ai eu soudain un rôle important. C’était pour moi la possibilité de montrer que je pouvais faire certaines choses dans la continuité. Je me tenais prêt de toute façon comme toujours. L’opportunité est venue et je n’avais pas le choix, il fallait la saisir des deux mains et ne pas la lâcher. »

Ca restera un bon souvenir ?
-« Façon de parler car c’est dur d’être heureux quand l’équipe perd. Mardi soir alors que nous avions tout donné, il y avait un sentiment d’abattement et je ne pensais pas à ce que j’avais pu faire. C’est dur d’être sur le banc et d’attendre ton tour mais c’est aussi dur de perdre des matches. »

Chalon restera encourageant pour l’équipe mais aussi pour toi ?
-« Je l’espère. Il manque quand même beaucoup de personnalités dans cette équipe, Chatman, Fauthoux, Foirest, Rupert, ça en fait du beau monde… »

Comment vois tu la suite avec le retour espéré de Chatman et de Fauthoux ?
-Comme la meilleure des choses pour l’équipe. Après je me servirais de la chance qui m’a été offerte pour continuer à aller chercher le meilleur de moi-même. C’est la loi du sport à ce niveau, je vais retrouver mon statut. C’est dur mais il faut accepter et prouver. C’est à moi de continuer à montrer certaines choses à l’entraînement. Je gagnerais des minutes de jeu à ce prix. Car si je n’avais pas bosser je n’aurais pas pu profiter de ce qui m’a été offert… »

Des meneurs que tu as croisé quel est celui qui te laisseras la plus grosse impression ?
« Linehan, sans aucun doute… C’est d’ailleurs une bonne chose que d’avoir débuté contre lui. Il a une expérience énorme et ce match contre lui m’a fait touché du doigt le niveau d’exigence de la haute compétition. Il ne s’est pas relâché une seconde sur le terrain. Il était constamment en concentration maximum. »


(Gérard Bousarel-Christian Gout, 2004/2005)