Elan - Paris 71-63
Palais des Sports, 5200 spectateurs
Photos SUD OUEST
Compte-rendu
Tout ce quon
engrange ne craint pas lhiver, ont lhabitude dire les gens de nos
belles campagnes. LElan possède encore une culture suffisamment
du terroir pour retenir les leçons de la prudence
Et si Paris cultive
lui, la défense, la défense, toujours la défense, il se
souviendra quà limage du lièvre, rien ne sert de courir
il faut défendre à point
Ce que lElan, bien coquin, lui apprit à ses dépens, lui
infligeant une leçon comme il nen navait pas encore reçu
cette année. Oui il y eut un Elan de rêve pendant 17 minutes, si
brillant quil fit passer les parisiens pour des dépouillés
sans le moindre remède défensif ce qui était un comble
ou pour le moins un paradoxe !
22-8 après 10 minutes, 37-18 à la 18ème et un lancer franc
de plus 20 que Petro ne rentre pas : les chiffres disent bien sur quel terrain
lElan attendait son rival. Le sien, celui de lengagement à
préserver son panier comme le dernier des trésors sur chaque assaut
et on les sait nombreux en basket où il faut rendre la balle à
lautre toutes les 24 secondes
Paris balayé, Paris malmené, Paris paralysé, cest
lElan qui engrangeait cet avantage qui allait déboucher sur un
succès pas écrit davance lorsquon jetait un coup dil
sur le banc de touche riche de trois absents de luxe.
Car il y eut un second match, beaucoup moins royal et on sy attendait
tant il était clair quun, lElan ne jouerait pas ainsi sur
toute la durée, deux que Paris nallait pas abdiquer de la sorte
en se laissant piétiner sur tous les secteurs, notamment celui du rebond
quà la pause, les béarnais avaient fait leur (25 prise à
12)
A moins 19 donc, alors que lon voyait lElan promener dans son cinq
ses trois jeunes (Cissé, Pétro et dAlmeida, avec un ballon
piqué à Linehan pour ce dernier, c'est-à-dire un must),
lElan qui faisait exploser son palais sur une claquette dunkée
de Pétro, essuya la première révolte de parisiens montant
dun cran encore leur pression sur la remontées de balle. Et boucla
la période sur un 0-7 pour sêtre un tantinet enflammé
aussi.
37-25, tout nétait pas à refaire mais lombre dun
second acte plus délicat se profilait . Il se vérifia puisquà
cheval sur les deux quarts, Paris, véritable étouffoir, fit cingler
un 17-4 qui ressemblait à une vraie menace (41-38).
Du basket luxueux et maîtrisé par des béarnais admirables
de corps et desprit, on en venait à un basket de tranchées,
où sans clé de douze on ne perçait plus le moindre espace
Les paniers allaient désormais valoir de lor, plus cher que du
caviar en Amazonie, des cèpes au mois davril ou des pibales au
Japon
Mais de ces paniers là, Artur Drozdov et TJ Lux en avaient
mis quelques uns dans leur poches et les sortir au moments les plus appropriés,
c'est-à-dire au plus fort de la menace parisien qui se précisa
encore à 39-35, 43-38, et puis à 62-58 à 4 minutes de la
fin
.
Chaque fois, lElan écopa les trous dans la coque qui se fendillait
et le passage de Drozdov allant claquer un dunk de mammouth au dessus dun
océan de bras bleu, puis revenant prendre le rebond défensif juste
avant un trois points bien claqué fit un bien énorme puisquil
remit Paris au-delà des 10 points ((53-41).
Même scénario en fin de match avec des parisiens redevenus pots
de colle, un Linehan plus contestataire que jamais et auteurs dun ultime
rapproché initié sur un 7-0 (de 62-51 à 62-58)
Lux
au gong, Thierry Gadou, le précieux Gadou, renvoyèrent lascenseur
avec la même autorité ((68-58) et cette fois il était clair
que lElan ne lâcherait pas ce succès quil avait construit
en 40 minutes et en deux tempos, différents certes mais admirables dans
leur conception
Il était clair que la récolte initiale du
premier quart était bien au chaud et ne craignait pas lhiver
Et Paris sinclinait en ayant bel et bien marqué ce quil concède
dordinaire à ses rivaux : 63 points !
La perf était authentique
Déclarations
Didier Gadou : : « Cest la victoire dune équipe On a beaucoup parlé des absents et cest logique moi je tiens à féliciter les présents . Cest aussi la démonstration quun groupe se construit avec du temps et du travail. On nest pas arrivé, on en est loin mais il y a de lenvie. On perd trois quart temps mais on fait une entame qui nous permet de bien gérer. On ne perd que 8 ballons face à la meilleure défense du championnat cest un signe, mais les stats sont une chose et le match en est une autre et ce que je retiens ce soir cest la manière dont les garçons se sont livrés. »
Fred Fauthoux : « On a livré un gros combat tous ensemble, il ny a avait pas dautre solution. Il y certes des individualités qui ressortent comme Artur, mais cest notre sang froid tout au long des 40 minutes qui a conduit au succès. Les anciens, les jeunes, tout le monde a donné et surtout na jamais rien lâché. Comme Paris joue bien jen déduis que lon est en progrès. »
Thierry Gadou : « Cest la victoire du groupe , on a passé 40 bonnes minutes sur le terrain sans jamais céder. Je continue à tenir le même discours que les semaines passées, on travaille dur avec des objectifs précis et ciblés, à partir du moment ou tout le monde répond aux attentes on arrive à imposer notre jeu en attaque comme en défense. Lavenir nous sourira si on continue à travailler de la sorte. »
Xane dAlemida : « Linehan est une sangsue, il ne sest pas relâché une seule seconde Mais depuis lundi on était préparé à subir cette pression sur les meneurs. On a eu un gros collectif et puis un Artur de feu, on a tous joué avec le même objectif. Notre jeu nest pas le leur mais ce soir on les a pris à leur propre jeu et cest eux qui cèdent. »
Artur Drozdov : « Je suis très content de la manière dont on a relevé le défi physique annoncé. On a tout donné et on a bien défendu. On les laisse tout de même à 63 points, dhabitude cest le score quils laissent aux adversaires. Didier nous avait demandé beaucoup dagressivité, nous avait dit quil faudrait avancer sinon on ne sen sortirait pas. On la fait et je lai fait. Cest sur que le premier panier que je marque dentrée me met en confiance, il nétait pas prévu mais mon défenseur moublie une seconde, alors je me lâche mais cest lensemble de la performance quil faut retenir. »