Elan - Nancy 82-78

Palais des Sports, 6500 spectateurs


Photos SUD OUEST




Stats LNB


Compte-rendu

Mire Chatman reste un sacré phénomène…
Pas une seule des 2400 secondes qu’un match de basket doit égrener avant que ne sonne le buzzer final, Nancy n’a menacé l’Elan sur son plancher du palais. Tout juste deux apparitions en tête au score en début de amtch (13-11 puis 15-14), pas une de plus même si le match est resté un match un vrai, un beau, comme une projection sur les play -off et leur odeur de « muerte » et aujourd’hui les deux rivaux du match décalé savent qu’ils y seront au départ de cette épreuve qui s’annonce la plus indécise de la ligue du fait d’une formule new-look.
Ainsi alors que l’avantage maxi a été de plus 8 (47-39) juste au repos sur un triplé de Marcelic en même temps que le renvoi aux vestiaires, le second quart est une énorme épreuve de poursuite, comme les cyclistes sur piste. L’Elan qui a timidement offert une séquence de jeu à Pétro histoire de retrouver quelques sensations après un mois d’absence, mène de 6 points (53-46). Nous sommes à la 13ème minute. On se retrouve 6 minutes plus tard, proches du repos, et l’Elan mène toujours de 6 points (39-33)… Entre temps ? Le Sluc, bel As, est revenu 5 fois à 4 longueurs et, on l’a dit, Marcelic s’est chargé de donner un peu plus d’oxygène à ce match qui n’en manque pas mais qui confirme qu’il y a client sous le maillot rouge, même si Mc Clintock a été parfaitement maîtrisé, même si l’Elan a joué on ne peut plus sérieux comme en témoigne la colonne des balles perdues : 3 ou s’il a pris le dessus dans le secteur le plus redouté, celui du rebond : 17à 11 !
Chatman a déjà été à la fête (14 points), Thierry Gadou s’est sacrément occupé du cas Zianveni et s’en occupera jusqu’au bout, Makanda a cette fois réussi ses passages et Marcelic a mis dedans de loin (3 sur 5)… Si tout cela n’a pas suffi c’est que Nancy a de la qualité de rechange et que Tapiro n’a plus rien à voir avec l’ombre du meneur qu’on a cru comprendre qu’il fut un moment. Il n’était toujours pas en situation d’échecs après 10 minutes (9 points à 100%) mais deux fautes l’obligèrent à passer le second acte sur le banc. Son retour aux affaires ne passe toujours pas inaperçu : 3 points pour stopper le décollage de l’Elan (49-39) et puis trois points encore au buzzer du troisième, un troisième qui a vu Nancy reprendre du poil de la bête au point de revenir à 3 longueurs (53-50) mais l’Elan dominical était paré au danger et c’est lui qui stoppe l’hémorragie pour reprendre ses aises du repos (58-50).
Mieux, sur une belle séquence défensive de Marcelic puis Makanda, ils s’offre quatre points dits faciles puisqu’en contre attaque et repasse pour la deuxième fois le cap de la dizaine (68-57). Il va même pousser jusqu’à 13 (71-58) tant il a de cœur à l’ouvrage. Il reste alors un peu plus de 5 minutes à jouer et peut-être a –t-il alors dans l’idée de reprendre aussi le point avérage au Lorrains (-11 à Gentilly)…
En guise de quoi, il va falloir penser à sauver le patrimoine en danger, à renvoyer au diable les fantômes dijonnais, à ne pas être victime d’un hold-up comme l’on préparé les nancéens…
Deux rebonds mal maîtrisés, deux lancers échappés et Nancy a ressurgi à moins 6 (73-67). L’Elan perd soudain de sa superbe et Kirksay bine contrôlé lui aussi lui échappe souvent désormais, suffisamment pour faire souffler le vent du désastre. Celui dont Masingue rêve encore lorsqu’il punit les béarnais, 75-73 puis lorsque Kirksay marque directement sur une remise en jeu sans bouffer le moins du monde le chrono :77-75 et 43 secondes à courir…
Money-time annoncé ; Chatman va s’en charger il remonte : le ballon, le caresse, peut-être lui parle-t-il et le garde, à 45 degrés côté visiteur , jusqu’à ce qu’il ne puisse plus le garder : 2 secondes au petit tableau de 24 secondes… Chatman ne le passera plus, il n’a jamais été question qu’il le passe, le système est pour lui, large, open, un contre un… Le tir s’élève droit et assassin. Trois plus deux ça fait cinq (80-75) et si ça ne sent pas encore la délivrance puisque 12 secondes plus tard Tapiro va lui répondre de la même façon (80-78), le temps joue désormais contre Nancy… Et quand le temps défile ainsi, la faute est le seul recours pour le stopper… Alors Tapiro –Chatman c’est encore le duel du dénouement : faute de l’israélien et lancers pour l’américain… Qui n’ a pas, vous vous en seriez douté, mis un tir d’un autre monde pour venir se scratcher sur la ligne de réparation…82-78 c’est fini… Chatman est un sacré phénomène quand bien même tout l’Elan a bel et bien payé de son écot au succès… Un de plus et ma foi bien mérité.

 

Déclarations

Alain Béral : « En premier lieu on retient la victoire. Contre Nancy qui n’est pas n’importe qui elle prend une certaine valeur. En second lieu on retient l’intensité du match, ce fut du haut niveau, sur un air de paly-off déjà.
Un petit regret ? Qu’à plus 13 on n’ait pas pu conserver une marge puisqu’on pouvait alors reprendre le point –avérage. C’est encore une fois, je pense, la faute à la jeunesse de ce groupe. On ne dit pas ça avec plaisir en mars mais ceux qui jouent aujourd’hui ne sont pas forcément ceux que l’on avait décidé de faire jouer au départ. De surcroît l’adversaire était de qualité et ne venait pas pour perdre… Cela dit ne boudons pas notre plaisir on a vu de belles choses et la victoire reste belle. »

TJ Lux : « Nancy joue très bien nous avions été préparés à ce genre de match et toute la semaine les coaches avaient mis l’accent sur la qualité de jeu nécessaire que nous devions produire…On a eu une semaine pour se préparer en conséquence. Défensivement on avait mission de stopper Mc Clintock qui était l’une de leur force intérieure. Ensuite on a Mire qui prend un très gros shoot et qui le met…
On se fait peur c’est vrai parce qu’on perd patience et que notre repli défensif n’est plus aussi vif qu’en début de match. On leur laisse des contre attaques et des shoots ouverts et comme c’est une très bonne équipe ça ne pardonne pas… Nancy est revenu dans le match mais l’Elan a su répondre à ce mauvais passage… »

Frédéric Fauthoux : « On peut encore parler d’une bonne victoire, cette fois c’est contre l’équipe en forme du moment donc on peut jouer les yeux dans les yeux avec les meilleurs. Le fait d’avoir une semaine pour préparer les matches, ça aide, on refait du jeu et on travaille spécialement le jeu adverse. La peur de la fin de match ? Oui c’est sûr mais je le répète on doit encore gagner en confiance, ce groupe est jeune. Et puis c’est la preuve que l’on a une marge de progression. »

Mire Chatman : « Non je ne prends pas le shoot pressé par le chrono, le système était annoncé pour moi…
Je suis le meneur de cette équipe et je sais que j’ ai des responsabilités à assumer. J’avais été très maladroit en seconde période je me devais donc de mettre celui là pour respecter le travail des intérieurs qui ont beaucoup fait pour limiter Mc Clintock. J’ai donc remonter le ballon en ne pensant qu’à la confiance que je devais retrouver. Ce fut un bon match, de ceux que le public doit aimer. On a fait un gros travail cette semaine et on en est payé.»

Thierry Rupert : « Ca fait super plaisir, il y a eu chez nous un super état d’esprit et une volonté de 40 minutes… La volonté a payé et sans contestation la meilleure équipe a gagné. Nancy a été bon certes mais par séquences, l’Elan n’a jamais relâché même lorsque l’écart s’est resserré… »


(Gérard Bousarel-Christian Gout, 2004/2005)