Dijon - Elan 87-88
4500 spectateurs
Compte-rendu
Il restait
neuf secondes à jouer, neuf petites secondes, cest à dire
rien, une misère, un éclair
Sauf sur un terrain de basket
!
LElan menait 88-87, ce qui était la preuve de sa résistance
en des lieux toujours aussi hostiles, dans une ambiance de feu. De son aptitude
au combat dans un match à lancienne où lon termine
la clé de douze à la main et lon dresse les barbelés.
Sauf que ces diables de béarnais, on leur aurait tordu le cou. Pour sêtre
mis dans daussi vilains draps puisque autant vous le dire tout de suite,
6 minutes et 24 secondes plus avant, ils en comptaient très exactement
15 des points davance (71-56)
Suffisamment pour éviter davoir
à sortir la boîte à outil du coffre et de se voir confisquer
le destin de ce match aussi crucial pour les uns que pour les autres
.
Ce qui explique sans doute aussi pourquoi, loin de rompre, Dijon se lança
dans une opération commando, prise de risque maximale en attaque, pression
défensive étouffante en défense. Un quitte ou double en
quelque sorte avec un Rowan Barrett redevenant Rowan Barrett, cest à
dire une vraie machine à scorer. Il va ainsi, le bougre, aligner 14 points
dans ce dernier quart temps de folie soit un seul de moins quau cours
du premier acte.
Si vous nous suivez, il vous manque le décompte du troisième quart
temps ! Celui du néant dijonnais, de Barrett comme de NDong dailleurs
, les deux hommes ayant été aussi transparents quefficaces
lors de la première période. Cest eux qui avec le grand
pivot sénégalais dabord, lailier canadien ensuite,
causèrent quelques soucis à des béarnais qui furet lâchés
à onze longueurs suite à un 0-8 dentrée de second
quart (24-35), mais qui malgré tout ne donnaient pas le sentiment de
partir en quenouille. Il y avait de lesprit de corps, un volonté
de ne pas céder à la panique et malgré un Drozdov en panne
dadresse, Marcelic visait suffisamment juste déjà pour concrétiser
leffort collectif. 40-44 au repos on était bien dans le canevas
annoncé entre deux teams avides de course et despace, avides de
points
.
Un canevas que lElan, dun coup dun seul, allait déchirer
pour devenir le patron unique et incontestable de la soirée, le boss
absolu. Cest simple menant une dernière fois 52-48 (24ème)
Dijon rejoint la rive du troisième quart, exsangue, ravagé, détruit.
Avec à son compteur un seul profit ceui du lancer franc de Perrier- David
qui brisait un 19-0 que Drozdov avait initié en retrouvant la patte au
bon moment, mais dont Marcelic s était beaucoup occupé lui
qui avait en outre la charge défensive dun Barrett quil laissa
Fanny sur ces dix minutes
Oui ce fut du Marcelic grand cru samedi en Bourgogne,
même si la solidité de lElan était à tous les
postes avec un rebond totalement ré-équilibré notamment
et un NDong lui aussi en chute libre
29-7 en dix minutes de bien
beau calibre avec un cinq dont la seule rotation concerna le poste 4, Drozdov
et Gadou sétant montrés aussi précieux lun
que lautre. Pour le reste on ferma le banc et Fauthoux, Chatman , Marcelic
et Lux étant invités à tenir la distance, le score et leur
meilleur plaidoyer.
67-53 donc pour entamer le sprint puis bientôt 77-62 sur le sixième
trois points de Marcelic, Dijon était dans les cordes et paya un lourd
tribut alors à sa nervosité grandissante : 4ème faute pour
Perrier- David, technique pour le même et puis technique aussi pour le
coach ce qui lui valait de rejoindre les vestiaires (32ème).
Sans coach mais non sans hargne Dijon se lançait donc dans un rush que
lElan de plus en plus petit bras supportait mal
Le compte à
rebours était déclenché mais le matelas menaçait
de ne pas être assez épais dès lors que lElan gâchait
aux lancers alors que Dijon multipliait les paniers plus bonus ou bonifiés
par nature. Plus 11, plus 10, plus 8, plus 7, plus, plus 6, plus 5 enfin (88-83)
et 57 longues secondes à venir. Pour le plus gros cauchemar de lannée
On le crut bien après le panier qui suivait deux échecs de Drozdov
et une perte de balle de Chatman
Et le calvaire continuait avec un nouveau
doublé des locaux (88-87) alors que le chrono navait pas fait défiler
30 secondes
88-87 et 27 secondes à jouer, balle à lElan
Au terme
de 18 secondes, la balle de match était encore perdue et cest donc
Dijon qui laurait pour 9 secondes
Oui, il restait 9 secondes à jouer
Didier Gadou ordonna un temps mort et ayant deviné que Barrett, le bourreau
de ce final, se chargerait de la sentence, il en confia la dernière défense
à Artur Drozdov puisque Marcelic venait dêtre éliminé
LUkrainien eut le mérite de ne pas mordre à la feinte de
shoot du canadien. Il resta sur ses appuis et lorsque Barrett arma il lui faisait
face, lobligeant à lui shooter sur la tête
Artur effleura
alors suffisamment la balle pour quelle vienne mourir sous larceau
où veillait Lux pour le rebond
Et le grand bonheur de lElan.