Bourg - Elan 89-69

2900 spectateurs


Compte-rendu

A l’image d’un capitaine dont la proue du navire pique du nez en pleine mer, et va droit au naufrage, Mire Chatman, a bien tenté de ne pas abandonner la barre… Mais il était seul ,trop seul, désespérément seul, pour avoir une chance d’écoper les vagues bressanes qui agissaient comme des déferlantes… Ses 33 points, soit pratiquement 50% de la totalité, son activité débordante dans tous les secteurs, débouchant sur une évaluation à 36, n’ont servi à rien sinon à cacher les malheurs des siens, dont le seul fait d’arme notoire, dans cette salle de Bourg en fusion, aura été de revenir à 15 points (52-67) dans le dernier quart temps… Peu glorieux ? Pire…
« Mais qu’a t-on fait pour les endormir à ce point » s’interrogeait groggy Didier Gadou, terriblement marqué par la tournure des évènements. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, l’Elan n’est jamais sorti de sa torpeur, de son inertie, de ses balbutiements… Comme s’il n’avait pas été prévenu que dans l’Ain, rien n’a jamais été facile à l’ordinaire et que mardi soir, ce n’était pas ordinaire pour une formation locale trop fouettée, trop giflée à Paris pour ne pas se jeter d’entrée sur tout ce qui bougeait…

L’Elan n’ayant guère mis en œuvre beaucoup de mouvements la tâche des locaux ne fut pas très compliquée pour prendre régulièrement l’ascendant sur un adversaire, agissant avec un temps de retard 21-13, puis 22-13, Bourg avait déjà lavé l’affront de la capitale puisqu’il venait, devant les siens aux anges, d’inscrire autant de points que durant toute la rencontre parisienne… Seul déjà Chatman avait échappé à la faillite généralisée et symbolisée par un 11 sur 30 au niveau du pourcentage, le meneur américain pointant à 6 sur 8, la réussite des autres saute aux yeux…

Pas plus que le briefing d’avant match ne l’avait été, le « soufflon » du repos n’heurta le tympan des oreilles béarnaises, trois minutes après la reprise l’Elan re- pointait une deuxième fois à moins 21 puis bientôt moins 23 (53-30) et tout était dit puisque la demi-heure confirma le mal être (64-41) sans que les Bressans soient devenus soudain des extras - terrestres … Simplement faisaient-ils sur le plancher ce que leurs adversaires faisaient dans un beau désordre et donc sans beaucoup de conviction . Sauf, une fois encore l’infatigable Chatman qui embraya un 11-2 dont on osa espérer qu’il allait enfin entraîner ses copains mais qui ne servit strictement à rien, de ballons volés en ballons perdus, de courses plus tranchantes en défenses plus acharnées, les locaux repassèrent la dernière couche et du moins 15 on en arriva à un moins 26 (80-54), tout simplement surréaliste.
89-69 au final, si les vestiaires de l’Elan ont transpiré de quelque chose c’est seulement des différentes voix qui s’élevèrent pour traduire la façon de penser du staff présent dans la Bresse… Les joueurs avaient toute une longue nuit de train pour imaginer, le ton de celle qui s’élèvera ce mercredi à leur retour…

Pour méditer aussi sur ces insuffisances 40 minutes durant, car cette équipe vue en progrès constant depuis quelques temps venait tout simplement de faire tomber l’échafaudage sur lequel elle grimpait.

Oui mardi soir à Bourg, l’Elan en a pris un gros coup sur la tête. Trop gros pour être vrai ?

Marqueurs : Fauthoux 2, Chatman 33, D'Almeida 6, Drozdov 8, Cissé, Marcelic, Rupert 4, Rahimic 4, Petro 8, Lux 4, Racon.


(Gérard Bousarel-Christian Gout, 2004/2005)