Roanne - Elan 83-72


Stats LNB


Compte-rendu

Le champion souffre en ce début d’exercice, et ça se sait dans le petit monde du basket…
Roanne et sa Chorale, ne se le sont d’ailleurs pas fait répéter deux fois pour en profiter à leur tour : un match plein, une prise de risques maximale, et à la sortie, un bonheur immense: 83-72… !
Pour l’Elan bien entendu, ce fut visages fermés, masques de circonstances et silences prolongés, jusqu’à ce que cap’tain Fauthoux ne le brise pour s’entretenir avec les siens, évoquant notamment ce qui lui avait sauté aux yeux, ce manque de confiance absolue qui transforma chaque quête de paniers en un accouchement des plus douloureux…George Fisher, en son, temps, avait une belle image pour traduire ce genre d’impuissance chronique. Le coach californien affirmait que, même aussi large qu’une lessiveuse, le cercle se serait refusé aux ballons de ses hommes…
Dider Gadou, fit le même constat lui aussi : « nous avons essuyé une grosse crise de confiance, je ne comprends pas tout à fait que nous doutions de la sorte, il nous faut vite renouer avec le succès, ce sera le seul moyen de libérer les joueurs… »
Ceux qui se sont libérés ce sont les Roannais qui avaient décidé d’artiller de tout côté et de vivre ou mourir avec le tir à trois points. Ils gratifièrent ainsi les leur d’un second quart temps ou 9 des 11 shoots furent pris au delà de l’arc des 6m 25… A ce moment là, l’Elan enraya la belle mécanique dont Ludovic Chelle était le régulateur (13 points au repos) et sa défense ne concédant que 14 unités, il semblait enfin avoir trouvé la bonne carburation. Pour le moins il revenait virer au niveau de son hôte (39-39) après avoir subi les foudres locales dans les 10 minutes initiales (25 points concédés et deux fois pointés à moins 8…)
Et comme sur une belle période d’activité d’Artur Drozdov, il parvint enfin à maîtriser le tableau d’affichage s’assurant un second avantage dans cette soirée, il y avait tout lieu de penser qu’il possédait les clés de la rencontre (55-53). Il venait de surcroît d’effacer un moins (47-53)… En guise de quoi l’étincelle ne déclencha pas le moindre incendie, pas même la moindre flamme, et l’on vit Davor Marcelic vivre un calvaire comme il n’a pas du en vivre souvent (1 sur 10 au final), Rahimic, Lux et Pétro manquer des paniers que l’on dit pourtant immanquables, bref l’Elan tout faire pour que son rival ne se relance sous la baguette d’un tandem Green-Alexander qui allaient non seulement redresser la barre à eux seuls (55-61) puis assurer le succès mais encore faire le spectacle, au point de compiler à eux deux une évaluation presque identique à celle de tous les béarnais que Fauthoux, Drozdov et Chatman tentèrent de maintenir à flot le plus longtemps possible (63-67, 67-71). Le musculeux pivot de 35 ans et le meneur gadget de 23, ruinèrent donc l’espoir d’un adversaire qui ne sut répondre à ce duo de feu et s’en énerva au point de craquer quand au contraire la réussite couronna toutes les insolences de Green où les assauts puissants d’Alexander… Le 10 sur 22 à trois points des Roannais associé au 9 sur 10 de leur pivot destructeur résumait bien la soirée en fait… Ce sont les Roannais qui s’étaient livrés sans la moindre retenue quand l’Elan avait paru en panne de la plus élémentaire confiance… Comme si pour reprendre l’expression de son coach, le costume de l’Elan était encore un peu grand à porter…


(Gérard Bousarel-Christian Gout, 2004/2005)