Le Mans - Elan: 89-85
Didier Gadou est un coach patient
Dimanche soir au Mans, il a de nouveau
invité les siens à mesurer le chemin parcouru, la voie suivie,
le sillon tracé. Et puis il eut cette formule, « cest bête
à dire après une défaite, mais léquipe a encore
répondu présente et les garçons ont donné »
pour mieux traduire lembarrassante situation que constitue toujours un
échec porteur despoir, puisque cest là lexemple
même dune contradiction. Surtout, quand, comme coach Gadou, on reste
fidèle à ses principes, cest à dire quon ne
parle pas plus des absents après coup quon nen parla avant
Beau joueur donc.
Et satisfait de la première période : non seulement plus dix au
score mais encore 46 points infligés à la défense la moins
permissive du championnat et 36 concédés ce qui invitait à
méditer sur le renversement des rôles en ce jour de Pâques,
pour le moins, à se dire que lElan était bel et bien en
grosse progression dans cet art qui nétait pas spécialement
le sien.
Gadou fut donc 20 minutes durant en prise direct avec ce basket à la
« Ljubljana » dont il a fait son modèle, étouffant
la force intérieure du Mans sur un plan défensif et libérant
les espaces en attaque, et cétait le tour de Drozdov de sengouffrer
avec féroce appétit dedans, compilant sur le premier quart temps
12 points à 100%.
Compte tenu de ce que Marc Salyers était passé, par la force des
choses, du statut de nouvel arrivant à celui de titulaire, de ce que
Johan Petro avait déjà été appelé en rotation
de Julian en poste 5 et que Koko Archibong était monté en poste
4 après la seconde faute de Florent Pietrus, il était clair que
lalchimie des cinq de lElan aurait pu ne pas constituer une assurance
tout risque. Or elle le fut et avec une belle constance : 25-14 puis 46-36.
Satisfait encore le coach de ce que 20 minutes plus tard , à 10 secondes
pile du terme, les siens aient encore été là pour la gagne
: 85-85! Après leur savoir faire, cest à leur sens de la
révolte quils avaient fait appel pour revenir de loin, on y vient,
et se poser en candidat au succès.
Satisfait enfin Gadou de ce quune fois encore KokoArchibong ait désormais
fait passer pour ridicules ses détracteurs, de ce que Marc Salyers ait
été, dès son entrée, et chez le leader de surcroît,
un joueur de gros impact défensif et parfois un peu plus (son triplé
du 83-83), de ce que Johan Petro ait tourné un quart dheure sur
le plancher dans un match où il nest pas question de soupçonner
lElan de la moindre complaisance. Le jeune pivot ayant fait lobjet
du seul trois secondes de la rencontre et le rapport des fautes ayant largement
été en sa défaveur : 23 contre 14 dont deux anti-sportives
Voilà pour linventaire de ce que Gadou a demandé aux siens
de garder en mémoire, de reconduire et de conserver.
Gardant pour lui ce qui ne lui a pas plus, parfois pas du tout.
Au premier rang de quoi : le troisième quart temps, cest à
dire le cauchemar dun Elan qui concéda là, cest simple,
autant de points quil en avait concédés en 20 minutes, cest
à dire le double de temps ! 14-35, le retour des vestiaires saccompagna
dun orage de grêle terrible. Battu dessous soudain, lElan
explosa ensuite sur les tirs à trois points de Manceaux qui furent en
plus de ça euphoriques réussissant 13 de leur 17 tentatives. Si
Didier Gadou na pas épilogué à loisir, cest
quil veut savoir, avec la vidéo, et la part prise dans ce Waterloo
par laugmentation de la pression défensive mancelle, et celle de
limplosion physique des siens qui amena ce soudain manque de lucidité
et cette perte de concentration.
En second lieu, ces histoires de lancers pas francs du tout pour lElan
puisquaprès ceux de Bologne, il faut encore reparler de ceux du
Mans: le match ne se joua-t-il point là aussi
Oui lElan,
avec un énorme Julian, eut le toupet deffacer sa sortie de route
pour revenir à hauteur (80-80) après avoir été à
moins 11 (60-71) mais sur la ligne de réparation lors des 20 dernières
secondes le 4 sur 4 de Jackson fit la bascule face à Lukovski qui soffrit
un 0 sur 2 au plus mauvais moment, à 85-85
Didier Gadou est patient. Il a encore positivé et non sans quelques très
bonnes raisons, mais, sa patience aura des limites. Des quart temps comme le
3ème ou des lancers ratés au plus mauvais moment, il ne va pas
souhaiter les voir séterniser longtemps
LElan, au Mans,
a certes conquis, séduit, et marqué plus de points que son rival
quand bien même celui-ci a-t-il verrouillé la première place
de la phase régulière , mais pour Gadou lheure de gagner
des matches a désormais sonné
Avec ou sans absents, puisquil
ne parlera plus que déquipe!
Didier Gadou: "On perd le match au 3ème 1/4 temps. On manque de concentration, je crois que c'est dû à une panne physique. Le Mans pose le jeu à l'intérieur et recolle, nos ailiers viennent aider dessous et on prend la grêle à 3 points face à des manceaux très adroits. On revient bien ensuite, mais on avait pioché dur. C'est bête à dire après une défaite, mais l'équipe a répondu présent une fois encore et au niveau de l'investissement, il n'y a pas de reproches à faire. Marc Salyers? Il a prouvé que c'était un bon apport, il a un gros coeur, il défend et s'applique, il fait son entrée chez le leader et il est au niveau, c'est plus que satisfaisant".
Claude Bergeaud: "C'était un match magnifique pour le basket. Il y a eu beaucoup de points non pas du fait de la défense mais de l'adresse et de l'intelligence des deux équipes. On a bien vu les options prises par les coaches et les joueurs s'y sont tenus. Le résultat tient surtout à la question de l'émotion aux LF, et Jackson a fait la bascule. Pau peut regretter le point-average".
Marc Salyers: "On avait les moyens de gagner ce match. A t-on été trop heureux à la mi-temps?... Toujours est-il que le 3ème 1/4 temps a été fatal. Pour ma part, je suis tombé dans une grande équipe et si l'on me dit que Le Mans est la meilleure équipe actuellement, je me dis qu'avec des joueurs en plus, on peut les battre. Pour ma part, je vais aller en progressant".
Cyril Julian: "C'est plus qu'encourageant certes. Laurent et Mate sont
l'un une menace, l'autre un intimidateur, et cela pèse en fin de match.
On baisse de régime en 2ème mi-temps, mais Le Mans est euphorique".
à ce moment-là... Malgré ça, on cherche à
avoir la victoire sur la fin cela passe pas très loin...".