ASVEL - Elan : 89-98

Spectateurs 6000

Les Stats:

 

Le Compte-rendu du match:

La soirée de tous les bonheurs était annoncée…
Une victoire à l’ASVEL d’abord, ce qui reste assez exceptionnel en soi, et se suffirait à elle seule. Mais elle prenait aussi le rang 22 dans la série des succès consécutifs de l’Elan, ce qui est là encore un gros morceau d’histoire. Et puis, à cinq journées de la fin de la phase régulière, elle offrait à l’Elan cette première place (la sixième du club) garante de l’avantage du terrain jusqu’au bout des play-off, et c’est tout de même le but de tout un chacun quand bien même dit-on qu’elle ne garantit pas le succès à tous coup…

Et puis, c’était encore et peut-être surtout, la confirmation, chez le tenant de la couronne, le dauphin menacé aujourd’hui, l’adversaire déclaré, le seul bourreau des béarnais dans l’hexagone, jusque là, bref le plus apte à stopper la chevauchée du leader, de toute la potentialité d’une équipe fut-elle bougrement pénalisée par l’absence de l’un de ses stratèges, Dragan Lukovski, vous l’avez deviné…

Ainsi les mois de Février et de Mars, dominés au prix d’accélérations fulgurantes, trouvaient là l'éclatante confirmation de ce que les partenaires de Fauthoux avaient suffisamment bien travaillé pour recueillir le fruit de leur travail plutôt que de profiter des faveurs d’un calendrier et des largesses adverses…

Chez elle, l’ASVEL n’avait–elle pas été deux fois seulement (à 35-34 puis 45-43, une ùisèreen somme, aux commandes d’une rencontre totalement maîtrisée par les béarnais ? Ne resta –t-elle pas constamment suspendue aux tirs à trois points de Bulic, un expert en la matière, Owens ou Marcelic pour recoller dare-dare lorsque des avis de grands écarts menaçaient (34-24, 81-69) ?

L’Elan sûr de son fait oui, mais 40 minutes cette fois, dans un vrai match de ténors, dans une rencontre de haute intensité. Avec un secteur intérieur impérial puisque Sellers et Julian se partagèrent la mi-temps avec une égale efficacité qui marqua leur territoire, avec une défense haute qui n’ouvrit guère d’espace, avec des rotations qui imprimèrent le rythme et un collectif dense, puisque chacun vint y prendre effectivement une part de responsabilité supplémentaire en l’absence de Lukovski… La meilleure illustration restera à cet effet Gauthier Darrigand qui au relais de son aîné landais, après sa deuxième faute, vint séjourner la bagatelle de huit minutes sur le plancher… Pour une copie d’une propreté impeccable avec un panier, une passe décisive et une faute provoquée…

Cet Elan qui méritait donc un seul et même bouquet de lauriers, n’allait certes rien gagner sous le toit de l’Astroballe mais il allait sérieusement respirer la confiance, trouver des motifs de poursuivre son énorme labeur, poursuivre sa voie dans la sérénité et la complicité ce qui reste encore les moteurs les plus performants pour un groupe…

S’il faut parler au passé, c’est que la belle soirée avait vu surgir un premier nuage noir, lorsque Boris Daiw ne se releva point après une pércussion victorieuse face à Marcelic : il restait 5’37’’ à jouer dans le 3ème quart et, le pied dans un seau de glace, il ne reviendrait plus en jeu le jeune ailier de l’Elan, victime d’une entorse de la cheville dont une radio, ce dimanche à l’hôpital de Pau, dira l’ampleur et le délai d’indisponibilité qu’elle entraîne…
Et vlan, un second absent pour la venue du Mans…
Et puis comme si soudain la « poisse » décidait de s’élever au niveau de l’adversaire le plus redoutable des béarnais, c’est Fred Fauthoux qui à 4 minutes de la fin prenait un vilain coup sur la main gauche ! Il termina la rencontre le "petitou", en supportant la douleur, vive certes puisqu’à deux minutes du trille il faillit renoncer, mais une fois les doigts libérés du bandage, ficelé à la hâte, le meneur de l’Elan comprit dès son retour aux vestiaires… Il était incapable de bouger l’annulaire gauche, ce qui faisait craindre à Benoît Mahieu que le métacarpe soit brisé… Là encore un examen dira ce dimanche la nature du mal, mais il ne faut sans doute pas se bercer de trop d’illusions…
Et dire que la nuit du retour vers le Béarn aurait pu, et du, être celle de biens beaux rêves…
Elle prenait pour Fred Sarre et son staff des allures de casse tête chinois. C’est que Le Mans arrive dans 48 heures avec un meneur nommé Shawnta Rogers quand lui a les siens sur le flanc…
L’Elan avait gagné à Villeurbanne mais il s’était découvert le plus sournois et le plus traître des ennemis. Le prix du succès paraissait soudain énorme, l’attente des verdicts de la médecine promettait d’être longue…


Les Déclarations

Fred Sarre : « La joie de notre succès aura été de courte durée...Pourtant ce match nous apportait de rélles motifs de satisfaction. Nous craignions notre manque de rythme, nous avions perdu l’habitude des matches à haute intensité et là on était gâté puisque l’ASVEL sort tout juste de l’Euroligue où l’on sait ce que c’est en terme d’intensité. Nous avons plutôt bien répondu . De même ai-je apprécié la manière dont les joueurs se sont répartis collectivement les responsabilités en l’absence de Lukovski. Ce fut une réponse collective là encore et je dis bien collective ce qui incluse Gauthier Darrigand, mais j’avais été clair, je crois, il n’y a pas de raison de ne pas lui faire confiance.
Nous venions en fait plein d’incertitude par rapport à notre capacité à ré-enchaîner les matches, à aborder une grosse échéance en terme de concentration et d’investissement dans la durée. A cet égard les réponses étaient plutôt positives même si j’ai pris soin de dire aux garçons que ce n’était qu’une marche de plus sur notre escalier.
Il est clair ce matin, que la joie est terriblement atténuée par les malheurs qui nous frappent. La journée à attendre le verdict médical va paraître longue..
Il ne sert à rien d’anticiper mais je ne me fais pas d’illusion, c’est clair que mardi nous serons encore plus handicapés qu’à Villeurbanne et ce face à une équipe du Mans dont on sait la valeur. A l’heure d’aujourd’hui, je n’ai guère qu’une solution « bidouiller avec Darrigand, Kyle et Artur. »



(G.B., C.G.)